Portrait de Liverpool et autoportrait. Terence Davies, le réalisateur de Distant voices, fait un portrait de sa ville natale, Liverpool, où il mêle l'histoire et l'évolution socio-économique aux souvenirs intimes et à la mémoire collective. C'est une déclaration d'amour lyrique et mélancolique, un poème visuel et sonore enrichi de nombreuses citations. 


Enrobé d'un lyrisme tour à tour mélancolique et narquois, ce film documentaire est plus que le portrait de Liverpool décrépit au fil du temps (...). Plein de chair poétique, littéraire en diable, le texte est enflammé, acéré, ravageur, fervent, superbe, et son emballage musical au diapason (...). Jean-Luc Douin, Le Monde.

Qu'il filme ses souvenirs sous forme de fiction, comme dans Distant Voices et The long day closes ou ce faux film documentaire sur Liverpool, Terence Davies - comme tous les grands cinéastes, en fait - ne parle que de lui. Il y a du Proust chez cet homme qui a l'art de faire resurgir le passé - le temps perdu - non pas d'une tasse de thé, mais de sa pellicule. Mais un Proust râleur, furibard, qui, de sa voix rocailleuse, pourfend les objets de sa haine. La royauté britannique, pour commencer : cette grotesque queen et son pantin de mari. Le pape, ensuite, symbole de toutes les religions oppressives. Et Dieu, pour finir, ce Dieu bergmanien, tout en silence face aux détresses humaines, et ce Jésus « aux yeux d'ange » que le jeune Terence priait obstinément, mais en vain, pour le délivrer du double « mal » qu'il pressentait en lui : son goût pour les jeunes gens et sa passion pour le cinéma...Mais, dès lors que cessent les imprécations du pamphlétaire, la tendresse l'emporte. Pour les autres. Tous les autres. Ces anonymes, ces invisibles qui ont tiré leur grandeur de leur humilité. Silhouettes retrouvées dans des actualités d'hier ou saisies au vol, aujourd'hui, dans les rues de Liver­pool, qui flânent ou se pressent dans des lieux désolés que seul leur espoir rend beaux. Un livreur de lait au petit matin ; un gamin ébouriffé qui quitte le lit où dort encore son nounours ; une femme qui nettoie ses vitres, une autre qui lave son linge au lavoir : magnifiés par ces travellings et ces musiques qui les suivent (Liszt et Peggy Lee !), tous semblent soudain revivre...(...) Ce passé idéalisé (« le pays des joies d'autrefois, les routes où j'allais, content, et que je ne puis plus rejoindre ») rend féeriques et fascinants ces fragments de douleur, ces pépites de plaisir éphémère, arrachés au gouffre du temps. Pierre Murat. Télérama.fr

Né en 1945, Terence Davies a passé son enfance dans le milieu populaire de Liverpool, benjamin d'une famille de dix enfants vivant dans les taudis de Kensington. Il devient comptable, profession qu'il occupe jusqu'à ses 28 ans quand il quitte soudainement son emploi pour entrer dans une école d'art dramatique. Entre 1976 et 1983, il tourne les trois courts métrages qui seront regroupés en 1984 en un unique programme, The Terence Davies Trilogy, qui devient le premier volet d'une trilogie autobiographique poursuivie en 1988 avec Distant Voices, Still Lives et en 1992 avec The Long Day Closes. Trilogie à laquelle il apportera en 2008 une magnifique conclusion avec le journal poétique Of Time and the City. Le réalisateur anglais connaît véritablement le succès avec son premier long-métrage, Distant voices, still lives, encore un film autobiographique. Ce dernier reçoit le Léopard d’Or au Festival de Locarno et le Prix de la Critique Internationale au Festival de Cannes. Il enchaîne en 1992, avec The Long Day Closes, désigné meilleur film au Festival de Birmingham. En 1995, il quitte l’autobiographie pour des adaptations de romans. Ainsi, The Neon Bible est tiré d’un des livres de John Kennedy Toole. En 2000, c’est le roman d’Edith Wharton que Terence Davies transpose dans son film, Chez les heureux du monde. Alors que le cinéaste projette de réaliser un cinquième film, Sunset Song, la BBC, Channel 4 et UK Film Council refusent de lui attribuer les fonds nécessaires. En 2008, Terence Davies se tourne vers le film documentaire en signant Of Time and the City, hommage à Liverpool.


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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.

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