Chef-d'œuvre tourné à Lyon ! En 1943. Après un acte de sabotage, le lieutenant Fontaine est capturé par la Gestapo et condamné à mort. Il est conduit au fort de Montluc, près de Lyon, où son exécution doit avoir lieu. Refusant de sombrer dans le désespoir, il organise patiemment son évasion. Il entreprend de démonter la porte de sa cellule au moyen d'une petite cuillère et fabrique une corde à partir des quelques pièces de linge dont il dispose. Ses espoirs, déjà minces, s'amenuisent lorsque ses geôliers lui imposent un compagnon, un certain Jost, qui n'inspire confiance à personne. Les plans du lieutenant vont-ils tomber à l'eau ?...

* Prix de la Mise en scène pour Robert Bresson, Festival de Cannes, 1957.


Un tournant dans la carrière de Bresson. L'histoire d'une évasion, analysée et disséquée de façon abstraite. Authenticité et rigueur janséniste pour cette ode au courage et à la liberté.

François Truffaut écrit en 1956 : « Pour moi, Un condamné à mort s’est échappé est le film français le plus décisif de ces dix dernières années.  Le film qui, en son principe constituait d’abord une expérience extrêmement périlleuse est devenu une œuvre émouvante et neuve grâce au génie obstiné de Robert Bresson qui a su, tout en prenant le contre-pied de toutes les formes de cinéma existant, accéder à une vérité inédite par un nouveau réalisme. Le suspense, car il y a aussi un certain suspense, est créé noblement, naturellement, non sur la dilatation de la durée mais au contraire sur son évaporation. Grâce à la brièveté des plans et la rapidité des scènes on n’a jamais le sentiment d’un choix de moment privilégié ; nous vivons réellement avec Fontaine dans sa prison, non pas 90 minutes mais pendant deux mois et – qui l’eût cru ? – c’est passionnant ! »


Un modèle de cinéma dépouillé. Aucune fioriture dans le récit extrêmement minutieux de l'évasion d'un résistant. Dans sa cellule, patiemment, le prisonnier creuse, déblaye, tresse une corde et chacun de ses gestes acquiert une densité incroyable. Pour la première fois de sa carrière, Robert Bresson transforme vraiment l'acteur en modèle, faisant du visage impassible de François Leterrier, un non-professionnel, un support neutre. L'émotion ne naît plus du jeu mais de la tension entre l'action et la voix off. Les dialogues, rares, sont remplacés par un commentaire à la ferveur sourde. L'ode célèbre la volonté du résistant, sans éluder la part de sacrifice mystique. Pour conquérir sa liberté, le détenu passe par un itinéraire - physiquement, spirituellement - très sinueux...Jacques Morice. Télérama.fr


Robert Bresson
réalise son premier moyen métrage, Affaires publiques, en 1934, comédie mettant en scène un dictateur exubérant. Prisonnier en Allemagne durant une année, il réalise son premier long métrage en 1943, Les Anges du péché, dont les dialogues sont écrits par Jean Giraudoux. L'année suivante, il réalise Les Dames du bois de Boulogne (1944). Ce film, coécrit avec Jean Cocteau, est le dernier qu'il tourne avec des acteurs professionnels. En 1951, il adapte le Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos, qui reste le film le plus célèbre de toute son œuvre. L'influence de la peinture et des icônes se fait fortement sentir dans l'esthétique du film. L'adaptation d’œuvres littéraires est courante chez Robert Bresson. En 1966, il utilise le roman éponyme de Georges Bernanos pour Mouchette. Il s'inspire de Fedor Dostoïevski pour Une Femme douce (1968) et Quatre Nuits d'un rêveur (1970). Avec L'Argent (1982), il donne matière à réflexion sur la cupidité et l'éloignement de Dieu engendré par le matérialisme. L’œuvre de ce cinéaste éminemment religieux est fortement marquée par le catholicisme. Le réalisateur minimise le rôle de l'acteur au profit du récit, c'est pourquoi les acteurs professionnels et les vedettes n'ont pas leur place dans son cinéma. Ses personnages ont en commun la recherche de la grâce et de la liberté. Son style se caractérise par des plans dépouillés, sobres, cherchant à exprimer l'action le plus clairement possible. Il rejette tout ce que le cinéma peut contenir de spectaculaire, demandant au spectateur de réfléchir et non pas de se distraire. 


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Ce film est accessible pour un public entre 12 et 99 ans.
La présence d'un adulte est conseillée pour les plus jeunes.