Dans une ville de la banlieue de Tokyo, la vie suit tranquillement son cours : les mères de famille s’occupent de leur intérieur tout en jalousant celui des autres, les pères se croisent au café du coin et s’inquiètent de leur retraite à venir, tandis que les fils passent leur temps à regarder la télévision chez un voisin jugé trop excentrique. Un soir, les jeunes Minaru et Isamu pressent leurs parents pour avoir leur propre poste de télévision, en vain : l’ainé se met alors en colère face à l’hypocrisie des adultes et décide de faire une "grève de la parole", aussitôt suivi par son jeune frère…

Tourné un an avant Fin d'automne, Bonjour fait partie de l’ultime corpus thématique et formel du cinéaste Yasujiro Ozu. Pour certains, il s’agirait même de l’un de ses sommets, tant en terme d’épure dans le style que dans la simplicité apparente du sujet, confinant à un ascétisme particulièrement soutenu cernant l’espèce humaine autour d’un quotidien qui en dit peu et beaucoup à la fois. Le style Ozu est une fois de plus très marqué, par sa mise en scène refusant la moindre broderie esthétique et par son amour pour la description presque sensitive des petits riens qui composent la vie des gensBonjour, c’est l’histoire de gamins issus de la classe moyenne japonaise, habitant ces petites maisonnées qui se font face les unes aux autres, avec ces petits carrés de jardins répétitifs et ces espaces bien délimités. Exaspérés de ne pouvoir regarder la télévision chez un couple de voisins modernes (très américanisé), deux gosses, un pré-ado et son petit frère le suivant comme son ombre, finissent par se rebeller face à l’autorité parentale en faisant la grève de la parole. Tout le pouvoir du récit tient finalement dans cette approche, originale et très naturelle, et qui met en évidence les différences qui peuvent exister entre les deux strates de la société : le monde des adultes, vain et pétri de formules verbales de circonstances (« Bonjour », « Il fait beau aujourd’hui », « Comment allez-vous ? »…), et le monde de l’enfance, encore libre et sans hypocrisie. DvdClassik.com. Pour en savoir plus

Fils de commerçant, Yasujiro Ozu se découvre très jeune une passion pour le cinéma. Son enfance est marquée par l'absence de son père, qui travaille à Tokyo. En 1922, un oncle le fait entrer en qualité d’assistant-opérateur à la Shochiku, importante société de production où il devient ensuite assistant-réalisateur. Dès 1927, il met en scène son premier film, le Sabre de pénitence, collaborant pour la première fois avec celui qui sera le scénariste d’un grand nombre de ses œuvres futures : Kogo Noda. Ses premiers films, disparus pour la plupart, sont souvent des comédies imitées du style américain, mais abordant le thème sur lequel il construira sa carrière, la vie quotidienne de la classe moyenne japonaise. Au milieu des années 1930, il devient l’un des réalisateurs les plus célèbres du Japon, aussi talentueux dans la comédie que dans le drame. Dans un genre comme dans l’autre, il s’attache désormais à traiter de la vie familiale japonaise, témoin des bouleversements sociaux de l’époque. Yasujiro Ozu est l'auteur de cinquante-quatre films.


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Ce film est accessible pour un public entre 10 et 99 ans.