C'est la fin de l'année. Les élèves d'un lycée du Bronx grimpent dans le même bus pour un dernier trajet ensemble avant l'été. Le groupe d'adolescents, bruyants et exubérants, avec ses bizuteurs, ses victimes, ses amoureux, évolue et se transforme au fur et à mesure que le bus se vide. Les relations deviennent alors plus intimes et nous révèlent les facettes cachées de leur personnalité. Un exercice cinématographique enthousiasmant.

* Prix de la critique au Festival du cinéma américain de Deauville, 2012.

The We and the I, huitième long métrage de Michel Gondry - et de toute évidence son meilleur, son plus pur, son plus enlevé.  Joachim Lepastier, Cahiers du cinéma.


Ce qui est stimulant avec Michel Gondry, c'est qu'il met directement et habilement en pratique des idées que tout le monde peut avoir. Comme celle de prendre un bus rempli à ras bord de lycéens déchaînés et de voir ce qui s'y joue en terme d'effets de groupe et d'affirmation de soi. Bref, tout un théâtre urbain, à la fois social et sentimental, que l'auteur de Soyez sympas, rembobinez a réalisé avec un groupe de jeunes issus d'une école du Bronx. En imaginant que ce trajet de retour, après le lycée, soit le dernier de leur année scolaire. Il n'y a pas que des ados (une bonne vingtaine) dans ce bus, mais c'est tout comme. Les autres passagers sont de pâles figurants, et lorsqu'ils décident de ne plus l'être, tels cette vieille dame outrée ou ce bonhomme à la bouche tordue, ils en font en général les frais. Un ado marque son territoire et peut coloniser l'espace public comme si c'était sa chambre. La civilité n'est pas son fort. De là quelques frictions, drôles, cruel­les aussi. Bêtes et méchants, certains le sont. Gondry ne prend pas de gants — il filme cet âge tel qu'il est, ingrat. Avec ses kilos en trop, son énergie plus ou moins bien canalisée, ses bravades ou ses complexes. Certains jeunes paraissent mieux armés, mais Gondry fait toujours en sorte de nuancer cette per­ception, de brouiller les différences — y compris ethniques. Au début, le bus est un chaudron de ­langues (très) vivantes, où les filles comme les garçons se chambrent et se cherchent sans arrêt, où les petits caïds ont tendance à faire la loi. Mais à mesure qu'il se vide, la frime tombe et le « je » s'affirme davantage. Des personna­lités se dessinent, des rapprochements inattendus se font, des mésententes éclatent. Les revirements sont parfois déconcertants, mais n'est-ce pas là en­core le propre de l'adolescence ? Ce trajet à travers les rues de New York, qui donne l'impression heureuse d'avoir été filmé en temps réel, tient, mine de rien, du voyage initiatique. Chacun, qu'il soit dominant ou brimé, seul, en couple ou dans un clan, fait l'expérience de la vie en société. Avec tout ce que cela comporte d'émulation, de frustration et de satisfaction. Jacques Morice. Télérama.fr


Michel Gondry grandit dans l'influence constante de la musique, son grand-père a en effet inventé l'un des tous premiers synthétiseurs, le Clavioline, et son père vendait des guitares électriques. Après ses études primaires et secondaires, il entre dans une école d'arts appliquées à Paris, où il peut développer ses talents de graphiste et où il fait également la connaissance d'amis qui deviendront ses partenaires dans le groupe de pop-rock Oui Oui, où Michel officie en tant que batteur. Oui Oui sortira au total deux albums et plusieurs singles dont La ville, qui sera mis en images par Gondry lui-même. Des clips dans lesquels transparaîent déjà l'univers halluciné de Michel, fortement influencé par ses souvenirs d'enfance et toute l'imagerie enfantine des années 1960. C'est d'ailleurs grâce à ce clip que Michel Gondry se fait vraiment remarquer : Björk le voit et s'entiche immédiatement des visions du jeune réalisateur. Human Behaviour, le premier single de la carrière solo de la jeune Islandaise sera donc le premier clip qui marque le début d'une longue collaboration entre les deux artistes. Rapidement demandé par le monde entier, Michel Gondry réalise des clips pour les plus grandes stars. Michel Gondry réalise deux courts-métrages dont La Lettre en 1998. En 2001, il sort le long-métrage Human nature, avec Patricia Arquette, Rhys Ifans et Tim Robbins. Le film est une fable philosophique sur les genres et la misérable condition humaine face à la sexualité. En 2004, il réalise Eternal Sunshine of the Spotless Mind, avec Jim Carrey et Kate Winslet, toujours sur un scénario de Charlie Kaufman, et, cette fois, sur une idée de l'artiste Pierre Bismuth. Le film recevra l'Oscar du meilleur scénario original. Pour La Science des rêves, sorti en 2006, il revient du côté de la France puisque le film est à la fois tourné en français et en anglais avec des acteurs français dont Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-Miou et Emma de Caunes. Gael García Bernal est également de la partie, il y tient le rôle principal. Il a réalisé le film Soyez sympas, rembobinez en 2007. En 2011, il s'essaie au blockbuster avec The Green Hornet, adaptation de la série télévisée des années 1960, Le Frelon vert. En 2012, il présente The We and the I à la quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2012. Dans la même année, il réalise L'Écume des jours, avec Omar Sy, Audrey Tautou et Romain Duris, adapté du roman du même nom de Boris Vian. En 2014, il réalise le film documentaire Conversation animée avec Noam Chomsky, une mise en images d'un entretien qu'il a eu avec le philosophe et linguiste Noam Chomsky. Pour son long métrage de fiction suivant, il développe un projet plus personnel d'après certains de ses souvenirs de jeunesse, notamment au Lycée Hoche de Versailles, et réalise Microbe et Gasoil.


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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.