Entre l'intrigue historico-romanesque et le pamphlet, un film somptueux et exubérant de Peter Greenaway. 1654, Amsterdam. Rembrandt se réveille en sursaut : il vient de rêver qu'il est aveugle. Ce cauchemar le replonge 12 ans en arrière, en 1642, alors qu'il travaille sur son œuvre la plus célèbre, La Ronde de Nuit.

"En 1642, le peintre Rembrandt accepte une commande : un portrait de groupe de la milice civile d'Amsterdam. Prouesse esthétique, ce tableau intitulé La Ronde de nuit recèle un certain nombre d'énigmes à partir desquelles Peter Greenaway signe ce film éblouissant de maîtrise technique (en particulier par sa dextérité à restituer les éclairages du maître hollandais) où se superposent trois niveaux de lecture.

D'abord, une biographie de l'artiste axée sur ses trois femmes et sur la déchéance sociale dont il fut victime, riche collectionneur d'objets précieux brutalement discrédité et jeté dans la misère. Ensuite, un décryptage de la toile, selon des hypothèses fictives qui soupçonnent Rembrandt d'y avoir dénoncé un crime et accusé les douze familles ploutocrates qui régnaient alors sur Amsterdam, cité de toutes les corruptions.

Enfin, une réflexion sur le rôle du sexe et de l'argent dans l'art, la subversion de l'artiste et la vengeance des puissants, la valeur historique d'une œuvre picturale témoignant des vices d'une époque, et l'idée (audacieuse) d'un Rembrandt inventant le cinéma.

Se jouant des lumières et des ombres, le dispositif mis en place par Peter Greenaway est théâtral. Tout (ou presque) se joue sur un plateau sur fond noir, tour à tour grouillant de figurants lorsque Greenaway évoque le tableau, la conspiration, la société hollandaise, et centré sur un lit à baldaquin ou un atelier vide pour les épisodes intimes. Le jeu des comédiens est au diapason de ce parti pris." Jean-Luc Douin - Le Monde.fr


Né au pays de Galles en 1942, Peter Greenaway a étudié la peinture pendant quatre ans et, après avoir exercé comme peintre décorateur, a commencé à réaliser ses films en 1966. Il a continué à faire du cinéma sous de multiples formes, notamment à travers ses installations pour le Palazzo Fortuny à Venise ou la galerie Joan Miró à Barcelone.
Il a été commissaire de différentes expositions, dont certaines à la galerie Van Beuningen à Rotterdam et au Louvre à Paris.
Ses films ont été sélectionnés régulièrement aux festivals de Cannes, Venise et Berlin. Il a également publié des livres et écrit pour le théâtre et l’opéra. L’un de ses premiers longs métrages, Meurtre dans un jardin anglais, est vivement salué par la critique en 1982 et l’impose comme un cinéaste original. Images raffinées inspirées par les maîtres de la peinture et récit insolite font sa marque, et il confirme son talent avec ses films suivants, Zoo, dont le jeu des couleurs et des lumières ramènent à Vermeer, Le Ventre de l'architecte en 1987, inspiré par Boullée, Drowning by numbers en 1988, à l’humour très noir, Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant en 1989, ou le somptueux Prospero's book en 1991, superbe adaptation de La Tempête de Shakespeare.

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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.

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