Compositing 2d. Carlito, une petite souris de laboratoire, subit toutes sortes d’expériences…

Un mélange de prises de vue réelles et images de synthèses nous fait douter de la véracité des images, et aussi des mots. Carlitopolis montre un étudiant qui présente son projet de fin d’études devant un jury. Un acte banal qui peu à peu devient une performance absurde et trompeuse, où une petite souris de laboratoire appelée Carlito subi toutes sortes d'expériences. Qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est faux ?

* Premier prix de la création numérique, Festival du Court, Villeurbanne, 2005

* Prix du jeune public, Festival Rencontres Cinémaginaire, Argelès-sur-Mer, 2006

* Premier prix catégorie court métrage éducatif, Festival Animago, Stuttghart, Allemagne, 2006


Issu de l’atelier Effets spéciaux des Arts-Déco de Paris et des Beaux-arts de Toulouse, Luis Nieto se situe entre l’art et le cinéma. Se sentant à l’étroit dans les catégories de cinéaste et d’artiste, Nieto défie les contraintes liées aux oeuvres pour les faire sortir de leur "habitat". Son premier court Carlitopolis a reçu de multiples récompenses, suivi de ses dernières performances Farwest et le Prof Nieto Show.

Aussi incongru que cela puisse paraître, Carlitopolis est à l’origine un travail de fin d’études, précision qui suffit à laisser deviner l’imagination loufoque et décomplexée de celui qui en est l’instigateur. Luis Nieto s’inscrit en effet d’emblée dans la digne lignée des plus inventifs fabricants d’effets spéciaux, comme un facétieux arrière petit-neveu de Georges Méliès, ses hommes sans tête et ses clones musiciens, ou d’un Charley Bowers qui multipliait les tacots miniatures comme d’autres les pains. Étudiant à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, cet iconoclaste Colombien a décidé de tenter d’obtenir son diplôme... en s’amusant avec une petite souris (le dénommé Carlito) ! Et son film, sous la facture d’une performance enregistrée en “live” le 22 juin 2005 à l’Amphithéâtre Rodin de l’ENSAD, le présente en train de proposer à son public – en l’occurrence son jury – de couper en deux l’innocent rongeur, puis de le gonfler comme une baudruche et, enfin, de le réduire en cendres ! Pour ces diverses et “amusantes” expériences, ce Géo Trouvetou latino sort du sac ses instruments de bricoleur du dimanche : une plaque de verre tranchante comme une guillotine, une longue paille et une petite bombe à mèche droit sortie d’un cartoon. Ou comment un sympathique animal domestique se mue en personnage de Tex Avery, par le seul recours à des “trucs” vieux comme le cinéma, contrairement aux apparences qui, d’emblée, évoqueraient davantage un travail d’images de synthèse. Fausse route, car Luis Nieto, en totale confiance envers les possibilités de son art, s’est d’abord appuyé sur des procédés de montage et de truquage aussi vieux que le cinéma lui même. Ainsi, par exemple, l’effet de Carlito grossissant au fur et à mesure que son indigne maître lui insuffle de l’air est obtenu avec le montage d’images du rongeur filmé de plus en plus près ! Ou encore cet effet comique né de la situation et du bruitage lorsque Cartlito semble souffler sur la mèche pour éteindre l’allumage de la bombe qui promet de le désintégrer. 
Ainsi, le dispositif mis en place pour ce faux happening (une boîte noire contenant un vivarium, filmée par une caméra déclenchée par un ordinateur) renoue avec la dimension laborantine et illusionniste de la figure tutélaire de Méliès. D’ailleurs, la caméra dans Carlitopolis ne bouge pas, aussi fixe que dans les courtes bandes pionnières de l’“Enchanteur”, position que l’historien du cinéma Georges Sadoul a immortalisée comme étant celle, originelle et “pure”, du “point de vue du monsieur de l’orchestre ”. C’est aussi avec la dimension foraine des origines du Septième Art que renoue Luis Nieto, entre les cabinets de curiosités et les spectacles de magie découverts derrière un rideau tiré, comme celui du salon indien du Grand Café, un soir de la fin décembre 1895, lors d’une séance devenue mythique à laquelle assistait d’ailleurs...Méliès lui-même. www.le-court.com

De nationalité colombienne, Luis Nieto est né en 1979. Il a suivi dans son pays d’origine un cursus de “communication visuelle” à l’Académie de Dessin professionnel de Cali, puis obtenu en 2003 une Maîtrise en langues modernes à l’Université “Univalle”, toujours à Cali, tout en travaillant comme directeur artistique pour une agence de publicité et de marketing. Arrivé en France, il fréquente l’École Supérieure des Beaux-Arts de Toulouse, d’où il sort en 2004, puis effectue une année post-diplôme en effets spéciaux à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris. Son film de fin d’études, Carlitopolis, attire l’attention sur son travail à travers de nombreuses sélections en festivals, distinguées de plusieurs récompenses. Également graphiste-illustrateur et directeur artistique, il fréquente en 2006 les ateliers de Claude Closky et de Pat Andrea à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.



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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.