Le monde glaçant du travail. Lundi matin, Paul Wertret se rend à son travail, à la banque où il est chargé d'affaires. Il arrive, comme à son habitude, à huit heures précises, sort un revolver et abat deux de ses supérieurs. Puis, il s'enferme dans son bureau. Dans l'attente des forces de l'ordre, cet homme, jusque-là sans histoire, revoit des pans de sa vie et les événements qui l'on conduit à commettre son acte.


En apparence, c'est un matin comme les autres. Paul Wertret se lève sans bruit pour ne pas réveiller sa femme. Il lace ses chaussures, noue sa cravate, part au boulot. Mais ce n'est pas un matin comme les autres. Arrivé au siège de la banque qui l'emploie, Paul sort un revolver de son sac... et tire sur ses deux supérieurs. Cette séquence laisse présager un film-dossier sur les ravages de la souffrance au travail - Jean-Marc Moutout avait, dès son premier long métrage Violence des échanges en milieu tempéré (2003), pointé l'inhumanité de la gestion des ressources humaines. Mais De bon matin, c'est sa grande force, ne va jamais là où on l'attend. Première surprise, le réalisateur s'intéresse moins aux mécanismes du harcèlement moral qu'au portrait psychologique d'un homme dont l'existence vacille. Deuxième surprise : Jean-Marc Moutout décourage longtemps l'identification avec cet anti-héros qui, tout victime qu'il est, est loin d'être un saint. Troisième surprise - et belle audace : il confie ce personnage difficile à un acteur dont le physique débonnaire attire la sympathie. La composition de Jean-Pierre Darroussin n'en est que plus impressionnante. Entre Paul et ses persécuteurs (Xavier Beauvois et Yannick Renier, sobres et glaçants), il n'y a pas une différence de nature mais de degré. Le récit en flash-back reconstitue l'histoire d'un « cadre dynamique » modèle, rouage efficace d'un système dans lequel il a cru pendant des années. A la moindre occasion, il retrouve ses réflexes de manager, avec le discours du parfait "winner". Par petites touches, on dé­­couvre un homme qui s'est tant investi dans sa carrière que sa vie professionnelle a contaminé sa vie privée. (...) Samuel Douhaire. Télérama.fr


Jean-marc Moutout est un scénariste et réalisateur marseillais. Primé à Clermont-Ferrand, nominé aux César en 1998, son premier court métrage, Tout doit disparaître (1996), avait fait parler de lui, par son sujet : l’histoire d’un jeune travailleur intérimaire embauché pour une journée comme déménageur, et qui découvre au dernier moment qu’il doit déménager les meubles d’une famille d’immigrés expulsée de son logement. Cette histoire, Jean-Marc Moutout ne l’a pas inventée. Il l’a vécue. Suivra Electrons statiques (1998), un autre court métrage, de l’aveu même de son auteur également autobiographique, sur un jeune homme au chômage qui oscille entre tentation de ne rien faire, de refuser l’aliénation du salariat, et ses tentatives multiples et peu convaincues de s’insérer dans le milieu du travail. Avec Le Dernier Navire (2000), Moutout passe au film documentaire en filmant la dernière année des chantiers navals du Havre avant leur fermeture. Un film dur, dont certaines scènes restent inoubliables (comme celle d’un ouvrier prenant à partie son pdg à la cantine). A la vision de Violence des échanges en milieu tempéré, on a l’impression que certains personnages viennent tout droit du film documentaire. Moutout acquiesce, son film s’est nourri de cette expérience, même s’il en avait écrit le scénario avant de tourner Le Dernier Navire. (...)Si en apparence les films de Jean-Marc Moutout ont pour sujet le milieu du travail, leur véritable propos consiste à montrer que, sans une vigilance et une exigence de tous les instants, on finit par commettre des actes que notre éthique personnelle réprouve. La société capitaliste ne tend qu’à ça, qu’à obtenir le silence des citoyens et des salariés en les rendant prisonniers de leur pouvoir d’achat. (...) Jean-Baptiste Morain. LesInrocks.com


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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.