Une fable ironique et savoureuse d'Otar Iosseliani... Nicolas, 19 ans, fils aîné d'une famille riche dirigée par sa mère, redoutable femme d'affaires, passe ses journées à Paris, la grande ville voisine. Il y travaille, loin de son milieu d'origine, comme laveur de carreaux et plongeur dans un bistrot. Parfaitement lucide sur son cercle familial fermé, cupide mais crédule, il ne remarque pas la bassesse de ses nouvelles relations : commerçants, petits-bourgeois, jeunes voyous...

* Prix Louis-Delluc 1999 et Prix Fipresci 1999

Un château décati, un Paris enchanté, des aristocrates qui trinquent avec des clochards, un marabout et quelques chiens : c’est Adieu, plancher des vaches ! d’Otar Iosseliani, sublime farandole polysémique, comédie aussi hilarante qu’élégante.

Adieu, plancher des vaches ! procure une joie intense, un sentiment d’euphorie qui persiste longtemps après la projection. Peut-être parce que ce film oublie d’en imposer et de s’imposer, qu’il laisse son spectateur libre de choisir ce qu’il veut dans la vaste fresque qui lui est proposée, libre de rêver à d’autres raccords et d’autres collisions, d’imaginer à sa guise d’autres possibles et d’autres combinaisons, libre aussi de laisser quelques données pour mieux en prendre d’autres. Adieu, plancher des vaches ! porte bien son titre, plus léger que l’air, d’une grâce aérienne, portée par une virtuosité telle qu’elle a la suprême élégance de se faire oublier et de faire la part belle aux blancs et aux trous qui rendent la lecture plus aisée et plus jouissive. Bien sûr, il y a de la maîtrise chez Iosseliani, beaucoup de soin et de travail, beaucoup de minutie afin d’ordonner les multiples hasards des rencontres et des trajets. Mais cette parfaite maîtrise n’est pas de celles qui s’exhibent. Mieux vaut être traité de “vieux farceur” par les fâcheux et autres sentencieux que risquer de sombrer dans le détestable “esprit de sérieux”.  Frédéric Bonnaud Lire la suite de la critique sur LesInrocks.com

Après avoir étudié le piano, les mathématiques et la mécanique, Otar Iosseliani s'oriente vers le 7ème Art au VGIK, l'école de cinéma de Moscou. Il y réalise plusieurs courts métrages et un moyen métrage en 1961, intitulé Avril qui est interdit par les autorités locales. Une mésaventure qui se reproduit notamment avec La Chute des feuilles, son premier long métrage. "Ces films n'étaient pas anti-soviétiques. Ils décrivaient la réalité qui pouvait se passer du système, les problèmes humains qui continuaient à exister et qui, peut-être, pour la censure, soulignaient le côté passager du bolchevisme", explique le cinéaste. Depuis 1982, Otar Iosseliani poursuit sa carrière en France avec Les Favoris de la lune ou La Chasse aux papillons. Mais le cinéaste reste fidèle à sa méthode : utiliser les ressorts de la comédie, parler des choses les plus graves en souriant, confie-t-il. 

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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.