Pour assurer sa survie et celle des siens, Ree Dolly, 17 ans, se lance sur les traces de son père. Une plongée terrifiante dans l'Amérique des exclus, superbement mise en scène. Glaçant et beau à la fois.

* Prix du jury, Festival du cinéma américain, Deauville, 2010.


Montagnes aux forêts impénétrables, fermiers reconvertis en fabricants d'une redoutable drogue de synthèse...Ree, 17 ans, a grandi dans une région sinistrée du Missouri. Elle s'occupe de sa mère, malade, et élève vaille que vaille son petit frère et sa petite soeur. Tout bascule quand son père, à peine sorti de prison, hypothèque la bicoque familiale pour payer sa caution et disparaît. La jeune fille n'a pas le choix : il lui faut partir à la recherche du fuyard. Quitte à affronter une communauté repliée sur elle-même, pour qui parler, c'est frapper. Le décor des Ozarks, terra incognita (ou presque) pour Hollywood, constitue la première originalité de ce thriller. Sous la lumière sans soleil de l'hiver, la jeune ­réalisatrice chronique le quotidien précaire et violent des hillbillies (les « ploucs »), entre le néoréalisme des frères Dardenne et la brutalité de Boorman dans Délivrance. Peu à peu, le récit initiatique se transforme en conte de fées d'une rare noirceur, à l'atmosphère fantastique. Pleine de tendresse avec ses frère et soeur - beaux moments dont la douceur permet de mieux supporter les scènes éprouvantes qui vont suivre -, Ree reste intraitable dans sa quête. Physique fragile d'oisillon tombé du nid, mais mental de louve prête à tout pour protéger ses petits, elle se relève toujours malgré les coups, poussée par l'instinct de survie. Comme dans les histoires des frères Grimm, elle croise le chemin d'un ogre (un éleveur de bétail prêt à dévorer ses complices), de sorcières (les voisines hargneuses) et d'un chevalier servant qui aurait troqué l'épée pour la carabine. Pas commode, le chevalier... John Hawkes (formidable second rôle découvert dans la série western Deadwood) apporte à son personnage toute l'ambiguïté nécessaire : on ne sait jamais s'il va perdre l'héroïne ou la sauver... Samuel Douhaire. Télérama.fr


Debra Granik est une réalisatrice américaine indépendante. Elle réalise son premier court métrage, Snake Feed, en 1997. Elle a remporté plusieurs récompenses au Sundance Film Festival et dans de nombreux festivals, et a été nommée aux Oscars en 2011 conjointement avec la productrice Anne Rosellini pour son film Winter's Bone, adapté du roman du même nom de Daniel Woodrell.


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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.