Solomon Northup, jeune homme noir originaire de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Pendant douze ans, il se bat pour sa vie et sa dignité avant de rencontrer un abolitionniste canadien.

* Oscar du Meilleur film, Los Angeles 2014.

* Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Lupita Nyong'o, Los Angeles 2014.

* Oscar du Meilleur scénario adapté, Los Angeles 2014.

* Meilleur film dramatique, Golden Globes, Los Angeles 2014.


Une œuvre forte et pleinement maîtrisée, d'un réalisme criant.

Avant même la guerre de Sécession, des hommes de main, sorte de marchands de sommeil de l'époque, kidnappaient des Noirs, libres citoyens américains, et les vendaient, dans des États esclavagistes, à des propriétaires terriens sans scrupule. Solomon Northup a réellement existé. Victime d'un piège, il se retrouve balancé d'une plantation l'autre, selon les revers de fortune de ses divers propriétaires. Son calvaire va durer douze ans, de 1841 à 1853...C'est ce temps immobile que filme le cinéaste, qui observe les ravages du mal sur des esprits dits civilisés. C'est à son comédien favori, Michael Fassbender, que le cinéaste réserve le rôle le plus soigné, le plus ambigu : un paratonnerre de frustrations, un patient du Dr Freud avant la lettre. Totalement dominé par des pulsions sexuelles qui le poussent à se punir en châtiant l'objet de ses désirs — une jeune esclave noire qu'il adore et détruit. Pour Steve McQueen, c'est la frustration qui engendre le mal : l'aveuglement sur soi et la haine de l'autre sont indissolublement liés, comme le couteau et la plaie. Avec ce grand spectacle typiquement hollywoodien (trois oscars dont celui du meilleur film), le cinéaste réussit l'osmose délicate entre le film commercial et le cinéma d'auteur. Depuis Hunger, on sait qu'il adore les plans fixes démesurément étirés. On en a plusieurs ici, dont celui où le héros, lynché, est suspendu à une corde, ses pieds touchant le sol par intermittence. Il attend. La durée même de cette séquence magnifique fait naître un suspense à la Hitchcock... Pierre Murat. Télérama.fr


Steve McQueen commence par se faire un nom dans le monde de l'art contemporain, grâce à des vidéos expérimentales volontiers dérangeantes, et souvent influencées par le cinéma. Dans une de ses installations les plus fameuses, il revisite un gag de Buster Keaton issu de Steamboat Bill Jr : une maison s'écroule sur un homme qui ressort indemne, son corps ayant traversé une fenêtre. Exposé dans les plus grands musées, du Guggenheim à la Tate Gallery, il décroche en 1999 la récompense la plus prestigieuse décernée à un artiste britannique : le Turner Prize. Lorsque Channel 4 lui propose de réaliser un long métrage, Steve McQueen, artiste engagé, décide de revenir sur une page sombre et marquante de l'Histoire récente de son pays : la mort, des suites d'une grève de la faim, de Bobby Sands, meneur d'un groupe de prisonniers membres de l'IRA qui protestaient contre leurs conditions de détention, en 1981. Présenté à Cannes dans le cadre d'Un Certain Regard, Hunger fait sensation auprès des festivaliers, sonnés par la maîtrise de la mise en scène et par la prestation de l'acteur Michael Fassbender. Bluffé, Bruno Dumont, président du jury de la Caméra d'Or, lui remet ce trophée qui distingue le Meilleur premier film, toutes sections confondues. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, le réalisateur réengage Michael Fassbender pour le rôle principal de son deuxième long métrage, Shame, traitant de la thématique de l'addiction sexuelle. L'acteur est d'ailleurs récompensé au festival de Venise pour sa prestation. En 2013, réalisateur et acteur se retrouvent pour une troisième fois, dans un long-métrage une fois de plus plébiscité par la critique : 12 Years a Slave porté par Chiwetel Ejiofor. Le drame historique, prenant place durant la période de l'esclavage aux États-Unis, permet au cinéaste britannique de s'imposer définitivement comme un metteur en scène atypique et engagé.


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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.