Barbara est réalisatrice et travaille dans le milieu carcéral depuis plusieurs années. Elle prépare un film écrit et interprété par des détenus de longue peine dans une maison centrale de la banlieue parisienne. Deux fois par semaine, Barbara se rend à la Centrale où elle réalise avec les détenus, des entretiens qui serviront de base à l’écriture de leur scénario. Mais Barbara rencontre Michel, un détenu du groupe. Leur histoire d’amour la conduit à transgresser la loi. 


On ne s'en aperçoit pas tout de suite, mais Les Mains libres est un film rare, en ce qu'il vise à beaucoup plus que raconter une histoire. Il a l'ambition de retracer une relation vécue, d'en refléter ce qui fut palpitant, frémissant, dangereux et exaltant dans le rapport inhabituel que s'imposèrent un homme et une femme. Brigitte Sy réussit à nous communiquer l'urgence qui était sienne de nous faire partager son émoi. Pourquoi le fallait-il ? C'était, on le sent, vital ! Il s'agit donc d'une fiction autobiographique. Une femme, en préambule, consulte une tireuse de cartes qui lui annonce une liaison condamnée. Elle se nomme Barbara. Travaillant depuis plusieurs années dans le milieu carcéral, elle prépare un film écrit et interprété par des détenus de longue peine dans une maison centrale de la banlieue parisienne. La fiction ne l'intéresse pas, elle préfère le réel. Elle enregistre donc des entretiens qui fourniront la matière première d'un document sur le passé et le présent d'hommes en prison. Un lien privilégié s'instaure entre elle et un certain Michel, qui dépasse la complicité artistique. Les Mains libres (titre ironique, en même temps qu'il reprend celui d'un recueil de poésies et de photographies publié par Paul Eluard et Man Ray) traque des échanges clandestins : lettres, photos, chuchotements, non-dits, pulsions de toucher. Ils s'aiment, d'un amour interdit, qui va transgresser la loi. L'administration ne peut pas tolérer ce lien illicite entre la cinéaste et l'un de ses acteurs. (...) Cette histoire, on l'a dit, est vraie. Ancienne compagne de Philippe Garrel, Brigitte Sy l'a vécue. Le film qu'elle en tire n'est pas un film sur le monde carcéral, c'est un film sur l'impulsion qui l'a poussée en prison, sur ce qu'elle y a vu, les émotions qu'elle y a ressenties... ponctuées par un mariage entre les murs de Fresnes, et la douleur de voir Michel se tuer à moto après sa sortie de tôle. Émotions qu'elle communique par sa sincérité autant que par la rigueur avec laquelle elle compose ses plans, par la belle musique de Daniel Mille. Et par l'interprétation de Ronit Elkabetz et Carlo Brandt. Lui si fébrile, doux, impressionnant de calme explosif. Elle pétrie de nerfs maîtrisés, la séduction discrète, remous intérieurs à fleur de peau, contenus dans une sérénité feinte. Jean-Luc Douin. LeMonde.fr


Brigitte Sy est une actrice et réalisatrice française. Brigitte Sy débute au cinéma dans La Dérobade de Daniel Duval (1979) avec Miou-Miou, avant de devenir muse de son compagnon et cinéaste Philippe Garrel, avec qui elle œuvre comme scripte sur Elle a passé tant d'heures sous les sunlights (1985), mais surtout comme actrice dans ses chroniques existentielles et essais Liberté, la nuit (1983), Les Ministères de l'art (1988), Les Baisers de secours (1989), J'entends plus la guitare (1991), puis en mère du héros des Amants réguliers (2005), incarné par leur fils Louis Garrel. Mais c'est sur scène que l'artiste s'épanouit comme comédienne et comme metteur en scène. Elle dirige ainsi pendant une dizaine d'années des ateliers de théâtre en prison, avec des détenus hommes et femmes, d'où naît en elle l'idée d'un spectacle, qui devient Annette lève l'encre, créé en 1997, en duplex entre la maison d'arrêt de la Santé et le Théâtre de Chaillot. De cette expérience naît en elle le désir de réaliser pour l'écran. Le court métrage L'Endroit idéal (2008) filme ainsi le mariage en prison d'une réalisatrice et d'un détenu, qui vaut à celle-ci une mise en examen pour avoir fait passer de l'argent à ce dernier. Et ce récit clôture le long métrage que Brigitte Sy arrive enfin à monter, Les Mains libres (2010), avec toujours Ronit Elkabetz, Carlo Brandt et Noémie Lvovsky, qui décrit aussi l'avant-mariage, et l'histoire de cette relation singulière et intense.
Fidèle au court métrage, elle tourne dans Le Signal de Mendy Younès (1993), Des Putes dans les arbres d'Emmanuelle Huchet (2005), Déluge d'Antoine Barraud (2006), Choisir d'aimer de Rachid Hami (2007), Nice de Maud Alpi (2008).
 
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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.