A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d'une peine de travaux d'intérêt général. Henri, l'éducateur qu'on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement... à l'art du whisky ! De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un réel talent de dégustateur, bientôt capable d'identifier les cuvées les plus exceptionnelles, les plus chères. Avec ses trois compères, Robbie va-t-il se contenter de transformer ce don en arnaque - une étape de plus dans sa vie de petits délits et de violence ? Ou en avenir nouveau, plein de promesses ? Seuls les anges le savent… 


L'appétence du réalisateur britannique Ken Loach pour les questions sociales ne connaît pas la crise. Voilà quasiment un demi-siècle que ça dure (son premier long-métrage, Pas de larmes pour Joy, date de 1967 !) et la situation actuelle n'est pas de nature à le désarmer. Voilà pourtant le paradoxe de La Part des anges : être l'un des films les plus légers du cinéaste alors que la crise, catastrophique et mondiale, est bel et bien là. Le film tient à la fois de la comédie sociale et de la fable consolante.

Il démarre très fort, par une succession très drôle de comparutions devant un tribunal de Glasgow, qui égrène les cas les plus baroques. Un ivrogne abruti qui s'est disputé avec un haut-parleur sur un quai de gare. Un homme qui voue une inimitié suffisante aux monuments publics pour les compisser. Un autre qui ne maîtrise pas sa violence et estropie régulièrement ses contradicteurs. Cela ressemble à Délits flagrants, de Raymond Depardon, filmé par la caméra cachée. On retrouve ces personnages de jeunes paumés, tous condamnés à des travaux d'intérêt général, dans une camionnette qui les mène sur un chantier. Le conducteur, Harri, est leur éducateur, et, sous ses airs bourrus, l'un des plus chics types que le cinéma puisse vous faire rencontrer. Il se lie d'amitié avec Robbie, un jeune homme énervé qui s'est mis à dos toute sa belle-famille, mais qui voudrait donner la chance à sa femme, qu'il aime, et à son fils, qui vient de naître, d'avoir un père.

Encore faudrait-il repartir d'un bon pied. Harri va l'y aider, en initiant le jeune homme et sa petite bande de handicapés sociaux à l'amour du whisky - on n'est pas pour rien en Ecosse - et aux joies subtiles de sa dégustation. La vente aux enchères d'une cuvée rarissime, ferrant de gros poissons guère plus honnêtes que notre petite bande, sera l'occasion d'une arnaque subtile. (...) Le Monde

Kenneth Loach est né à Nuneaton, près de Coventry. Issu d'une famille modeste, il a intégré pendant deux ans l'armée de l'air et a étudié le droit à Oxford, où il a commencé à s'intéresser à l'art dramatique. Il se dirige alors vers la réalisation et, au début des années 1960, commence par tourner des séries pour la télévision. Ses premiers travaux sont des films documentaires et de fiction qui portent déjà la marque de cet engagé contestataire qui revendique ses aspirations : ses œuvres sont baignées du réalisme social, de la sensibilité et des revendications des victimes et des défavorisés, en particulier de la classe ouvrière. Ken Loach bouleverse la société anglaise en abordant des sujets peu traités comme le chômage ou la vie des sans abris.
Il réalise en 1966 un film pour la télévision, Cathy come home, qui bouleverse l'opinion anglaise puis en 67 son premier long-métrage pour le cinéma, Pas de larmes pour Joy. Suivent Kes (1970), Family Life (1972), et Black Jack (1978). Dans les années 80-90, son œuvre reçoit des récompenses avec Regards et sourires (1981), Hidden Agenda (1990), Raining Stones (1993). Il travaille avec le scénariste Paul Laverty pour Carla’s song (1996) et My Name is Joe (1998)..
Son succès populaire vient surtout des films axés sur les inégalités et les problèmes de la société britannique, que ce soit les difficultés quotidiennes du monde ouvrier comme dans Les Dockers de Liverpool en 1997, ou celles des immigrés mexicains exploités aux États-Unis dans Bread and Roses en 2000, ou celles à nouveau des anciens ouvriers dans The Navigators en 2001, ou que ce soit le mal-être de la jeunesse laissée-pour-compte et happée par la drogue avec Sweet sixteen en 2002, ou encore l' intégration des immigrés dans Just a Kiss en 2003.
En 2006, il obtient la Palme d’Or au Festival de Cannes pour Le vent se lève, film qui relate le conflit irlandais. Dans It's a free world! sorti début 2008, il explore les affres du libéralisme et décrit la lente chute morale d'une jeune femme renvoyée de son travail et qui décide de monter une agence employant des immigrés à bas salaires. S'interrogeant sur le lien social que constitue le ballon rond au Royaume-Uni, il filme une équipe naissante dans My Name is Joe en 1998 puis se penche à nouveau sur cet aspect en filmant une légende vivante, Eric Cantona, dans Looking for Eric en 2009. En 2014, il offre aux spectateurs un très bel adieu au cinéma intitulé Jimmy's Hall, plongée dans les conflits intimes d’une Irlande populaire déchirée et ambivalente, et pour la sortie duquel il annonce, hélas, que cela sera sans doute son dernier film...


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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.

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