Un groupe d'amis étudiants passe des vacances dans une vaste demeure au bord de la mer Caspienne. Sepideh, qui s'est occupée de l'organisation, a décidé d'inviter Elly, en espérant que celle-ci ne soit pas indifférente au charme de son ami Ahmad, qui sort tout juste d'une rupture. Les vacances se passent dans la bonne humeur, jusqu'à la soudaine disparition d'Elly...

* Ours d'Argent du Meilleur réalisateur, Festival international du film de Berlin 2009.

Une bande de copains qui part en week-end au bord de la mer. Ils pourraient partir de Paris pour Deauville, de New York pour les Hamptons, mais ils quittent Téhéran pour les rives de la Caspienne. Ils ont passé la trentaine, ils trimbalent leurs petits enfants, en 4 × 4 pour ceux qui ont réussi, dans des berlines japonaises pour les autres. Ils font les fous comme s'ils étaient encore à la fac, où ils se sont connus. Le temps de prendre en compte quelques particularités - les foulards qui couvrent la tête des femmes, les chansons populaires en farsi qui remplacent les tubes pop - et l'on est pris au piège de ce film troublant, qui met la trame d'un divertissement classique à l'épreuve des dures contraintes du monde, tel qu'il s'est construit en Iran ces trente dernières années. Dans un premier temps, on croit reconnaître leurs homologues occidentaux dans le comportement libre et drôle de ces jeunes Iraniens. Cette identification est d'autant plus aisée que le scénario d'Asghar Farhadi repose sur un mécanisme familier : arrivé en villégiature, le groupe est frappé par un événement imprévu qui le fait voler en éclats. (...) Asghar Farhadi filme de près tous les personnages. Il les suit de pièce en pièce dans la grande villa délabrée. Cette façon de faire est un peu prévisible, comme le sont certaines péripéties du scénario. Mais elle permet au réalisateur de coller au plus près de la vérité des personnages. C'est dans les métamorphoses que subissent ces personnages que se trouve le vrai enjeu, le vrai suspense d’À propos d'Elly. En apparence, Sepideh et ses amis essaient de déterminer l'identité et les motivations de la mystérieuse invitée. Cette enquête force chacun d'entre eux à se confronter aux lois qui régissent la vie amoureuse et familiale en Iran, et la question est de savoir si la compassion l'emportera sur le conformisme, le désir d'émancipation sur les conventions sociales (la religion n'est jamais explicitement mentionnée). Un peu comme si les personnages américains des Copains d'abord (Lawrence Kasdan, 1983) avaient dû obéir aux règles puritaines de La Lettre écarlate (Nathaniel Hawthorne, 1850). Vu d'ici et maintenant, de France, quelques mois après le soulèvement qui a suivi l'élection présidentielle iranienne, A propos d'Elly résonne très profondément. On ne peut s'empêcher de penser que Sepideh et ses amis ressemblent à nombre de ces manifestants qui sont descendus dans les rues de Téhéran. Le film d'Asghar Farhadi donne une autre idée des obstacles que ces insurgés avaient à renverser, ces façons de faire et de penser reçues en héritage de trente années de guerre et de révolution islamique. Nés en même temps qu'elle, les jeunes gens d'A propos d'Elly en sont les prisonniers plutôt que les gardiens. Thomas Sotinel. LeMonde.fr

Asghar Farhadi est un scénariste et réalisateur iranien, qui se découvre très jeune une fibre artistique qui le pousse à pratiquer l'écriture, à s'immerger dans l'univers du théâtre et du cinéma. Après avoir intégré l'Institut du Jeune Cinéma, il poursuit son parcours à l'université de Téhéran, d'où il sort diplômé en 1998 avec une maîtrise de mise en scène. Le bilan de ces dix ans de formation est déjà imposant : tournage de six courts-métrages, scénarios et réalisation de deux séries pour la télévision. Avec La fête du feu, le public français découvre pour la première fois en salle l’œuvre du cinéaste. Entre marivaudage et drame, cette autopsie d'une crise conjugale consacre la singularité de l'auteur. Le film est applaudi en Iran, avec trois prix dont celui du Meilleur réalisateur au Festival de Fajr, comme à l'étranger, avec le Gold Hugo du meilleur film au Festival de Chicago et le Prix du scénario au Festival des 3 Continents de Nantes. Réalisateur et scénariste prolixe, Asghar Farhadi s'est peu à peu entouré d'une famille d'acteurs, dont Taraneh Alidousti qu'il retrouve pour la troisième fois avec À Propos d'Elly, dont elle interprète le rôle-titre. Suspense psychologique et choral, le film fait forte impression au Festival de Berlin (Ours d'argent du meilleur réalisateur), aux Etats-Unis (Meilleur film au Festival de Tribeca) et en France où, porté par une presse enthousiaste, il rassemble plus de 100 000 spectateurs. Avec Une Séparation, Asghar Farhadi retrouve certains des comédiens de À Propos d'Elly, comme Peyman Moadi, Shahab Hosseini, ou encore Merila Zarei. Après avoir obtenu les prix les plus prestigieux au Festival du Fajr, Une Séparation a été multi primé au Festival de Berlin 2011, où il a remporté l'Ours d'or du meilleur film, l'Ours d'argent de la meilleure actrice pour l'ensemble des interprètes féminines, l'Ours d'argent du meilleur acteur pour l'ensemble des interprètes masculins ainsi que le Prix du jury œcuménique et le Prix des lecteurs du Morgen Post. Avec Le Passé (2013), dont le scénario a reçu le prix Media de l'Union Européenne, Asghar Farhadi a tourné à Paris, en français, avec notamment Bérénice Bejo, Tahar Rahim et Ali Mosaffa dans les rôles principaux. Le Passé a été présenté en Première Mondiale, en compétition officielle au Festival de Cannes 2013, où il a eu le Prix d'interprétation féminine pour Bérénice Bejo et le Prix du jury œcuménique 2013.



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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.