Moi, je dis que la liberté, c’est quand on peut être un petit peu seul, respirer un petit peu et être gentil.
Pour moi, la liberté, eh ben, c’est quand on sort de prison.
Eh ben, je suis pas libre quand je fais la poussière des meubles.

Ils s'appellent Azouaou, Abderhamène, Louise, Shana, Kyria ou Yanis, ils ont entre 3 ans et 4 ans quand ils commencent à discuter librement et tous ensemble de la liberté, l'autorité, l'amour, la différence, l'intelligence... Durant leurs premières années de maternelle, ces enfants, élèves à l'école d'application Jacques Prévert de Le Mée sur Seine, dans une ZEP de Seine-et-Marne, ont expérimenté avec leur maîtresse, Pascaline, la mise en place d'un atelier à visée philosophique. Plusieurs fois par mois, assis en cercle autour d'une bougie allumée par Pascaline, ils apprennent à s'exprimer, s'écouter, se connaître et se reconnaître tout en réfléchissant à des sujets normalement abordés dans le système scolaire français en classe de... terminale. Il n'y a plus de bon ou de mauvais élève lors de ces moments privilégiés : juste de tout jeunes enfants capables de penser par eux-mêmes avec leurs mots à eux, plein de spontanéité, de bon sens et de poésie. Et qui font déjà preuve, parfois, d'un incroyable esprit citoyen. 

Avec la participation d'Isabelle Duflocq, directrice, et Pascaline Dogliani, institutrice.


Un film à la fois citoyen et ambitieux.

Deux ans de tournage...Les ateliers ont lieu deux à trois fois par mois, et pour chacun d’eux, tout est anticipé et préparé à l’avance. Pascaline crée des animations qui débutent dès l’arrivée à l’école. Elle découpe la matinée avec des temps de dessins, de lectures d’histoires ou de jeux de marionnettes, de mise en scène théâtrale aussi, parfois. Un parcours qui amène tout doucement les enfants vers le moment tant attendu où elle allume la bougie et déclare la séance de philosophie ouverte. En maternelle, les rituels sont très importants, ils rassurent les enfants et structurent les journées, explique Pascaline. Je devais rendre le moment des ateliers philo différents des autres, développer un climat de confiance dans le groupe d’enfants, et créer un cadre précis et souple à la fois. J’ai ainsi cherché un rituel qui pourrait à la fois symboliser le temps et marquer le passage vers une situation particulière
Dans le film, on constate que les ateliers ne se terminent pas une fois la bougie éteinte ou l’école terminée. Dans les familles qui ont accepté d’être filmées, au cours du dîner où sur le chemin du retour, les conversations autour du thème abordé en classe continuent. Le film nous a permis de voir des choses que l’on imagine ou espère mais que l’on n’a jamais l’occasion de vérifier. Le fait que le vécu de l’école pouvait être revu, redit ou amplifié à la maison donne de l’importance et valorise notre travail, analyse Isabelle Duflocq. Pascaline, elle, estime que cette expérience a été une renaissance pédagogique et m’a fait progresser. Le film a révélé des comportements et des attitudes chez les élèves qui montrent bien leur entrée dans une démarche de réflexion critique. Les parents, eux, n’en revenaient pas que leur enfants soient aussi intelligents ! selon Isabelle Duflocq.
Toute l’équipe aussi avoue avoir été très impressionnée par l’autonomie de pensée des enfants. Encore maintenant, nous avons du mal à croire qu’ils n’avaient que cinq ans. Ce type d’expérience, si elle était généralisée, aurait une fonction sociale considérable. Elle nous révèle des possibilités incroyables. Aujourd’hui nous sommes ravis que le film permette cette compréhension et que le site internet www.cenestquundebut.com réunisse les chercheurs, les associations et les partenaires poursuivant les ateliers de philosophie pour enfants bien au delà du film afin que le grand public puisse en savoir plus, assure Cilvy Aupin.
Pierre Barougier va même plus loin : Écouter l’autre, se nourrir des différences, s’enrichir des autres cultures, tout ce qui compose la démocratie s’apprend. Les ateliers à visée philosophique à l’école maternelle représentent un moyen de former des citoyens capables de comprendre que l’opinion des autres a autant de poids que la sienne.  


Jean-Pierre Pozzi est réalisateur, scénariste et directeur de la photo. Il débute comme assistant réalisateur notamment de Jacques Bral (Extérieur Nuit), Yves Laumet et Patrice Leconte. Il réalise son premier court métrage Mad Night en 1990 et tourne plus de 300 films publicitaires en vingt ans. En 2010, il réalise avec Pierre Barougier le film documentaire Ce n’est qu’un début, sorti en salles en 2010. Il prépare actuellement un nouveau long métrage Macadam Popcorn avec le dessinateur de bandes dessinées Mathieu Sapin et écrit sa prochaine fiction Bras sec

Diplômé de l’École Louis Lumière en 1992, Pierre Barougier travaille d’abord comme assistant opérateur sur une quinzaine de longs métrages dont La jeune fille et la mort de Roman Polanski, Tout le monde dit I love you de Woody Allen, ou encore Les acteurs de Bertrand Blier. En 2002, il signe la photographie du premier long métrage de Marina De Van, Dans ma peau. Il se consacre aussi à la réalisation de films documentaires, dont : Radio La Colifata, Hors les Murs, primés dans différents festivals à travers le monde, et aussi pour Nous resterons sur Terre et Ce n’est qu’un début, films documentaires distribués à l’échelle internationale. 


Retrouvez un autre film réalisé par Pierre Barougier disponible en DVD dans les médiathèques.

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Ce film est accessible pour un public entre 12 et 99 ans.