Qalli et Aivaaq, deux adolescents de la communauté iñupiaq mènent une vie sans histoire dans une petite ville isolée du nord de l’Alaska jusqu’au jour où, partis à la chasse au phoque avec un de leurs amis, une dispute se solde par la mort accidentelle de ce dernier. Paniqués, les deux garçons décident de se débarrasser du corps. Liés par leur sombre secret, rongés par la culpabilité, les deux amis vont être amenés à explorer les limites de leur amitié et de leur honneur. Premier polar inuit, quasi documentaire…

* Prix du Meilleur Premier Film au Festival de Berlin , 2011.


Une dispute entre trois adolescents, ivres d'alcool et de crack, tourne mal. Un des trois jeunes hommes est tué. Les deux autres dissimulent son corps et inventent l'hypothèse d'un accident à l'origine de la disparition de leur camarade. Vont-ils pouvoir à la fois vivre avec leur geste et éviter que leur responsabilité soit découverte par leur communauté ? Résumé ainsi, On the Ice ne paraît pas se distinguer d'un certain nombre de films récents (Bully de Larry Clark, Mean Creek de Jason Aaron Estes, River's Edge de Tim Hunter) dont le scénario repose sur la manière dont, ce qui ne serait qu'un simple fait divers, un accident tragique, devient révélateur d'un mal-être adolescent et plus généralement du malaise d'une civilisation au sein de laquelle les règles morales cessent d'être clairement perçues. Ce premier long métrage d'un réalisateur de trente-six ans, dont le suspense repose sur l'itinéraire moral de ses principaux protagonistes, tourmentés par la nécessité d'avouer leur faute à la communauté, n'échappe pas à cette catégorie. Quelque chose pourtant le distingue d'autres films de ce type. L'action se situe à Barrow, petite bourgade du nord de l'Alaska, au coeur de la communauté inuite, à laquelle appartient d'ailleurs le réalisateur, né à Seattle mais venu tourner dans le berceau de sa famille avec des comédiens du cru, tous non professionnels. L'exotisme d'un lieu situé à 500 km au nord du cercle arctique n'est pas, en soi, une qualité, mais, plus subtilement, les actions humaines et la psychologie paraissent être lestées d'un poids particulier, conséquence d'un climat, d'une présence de l'espace et de la lumière. Les immensités glacées, fournissant des plans à l'indiscutable et inhumaine beauté plastique, semblent être à l'origine de comportements étranges et peut-être d'une appréhension hallucinée du réel qui pourrait expliquer les gesticulations inquiètes des personnages principaux. Une telle hypothèse apparaît renforcée par la vérité humaine des situations induite par la qualité de l'interprétation. Ainsi malgré cette facture sans surprise qui définit trop bien un certain cinéma indépendant américain (remarqué au Festival de Sundance, le film a été meilleur premier film au Festival de Berlin), On the Ice constitue pour son auteur des débuts prometteurs. Jean-François Rauger. LeMonde.fr


De nationalité américaine, Andrew Okpeaha Maclean est né en 1972 à Fairbanks, en Alaska. Il grandit à Barrow, où il est cofondateur du premier théâtre qui présente exclusivement des pièces dans la langue indigène des Iñupiat. Il devient ensuite directeur artistique d’un théâtre de Seattle pendant trois ans. Son film Seal hunting with dad, est présenté en 2005 au festival de Sundance, festival où il reçoit aussi le prix du jury en 2008 pour le court métrage Sikumi, qui lui a inspiré son premier long métrage de fiction, On the ice.



Retrouvez d'autres films de la sélection Caméras de l'adolescence disponibles en DVD dans les médiathèques.


Retrouvez " au fil du parcours... " d'autres films regards de réalisateurs sur le passage des adolescents à l'âge adulte... 

En cours de chargement ...
Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.