Billy Casper vit dans une petite ville minière du nord-est de l'Angleterre, à Barnsley, dans le Yorkshire. Il a une douzaine d'années et l'univers dans lequel il vit ne correspond pas à son attente. Sa mère ne s'occupe guère de lui, son frère aîné Jude le traite en souffre-douleur. Quelques petits travaux avant l'heure d'ouverture de l'école et de menus larcins lui procurent un peu d'argent de poche. A l'école, Billy est distrait, indiscipliné, entouré de camarades et de professeurs plus hostiles qu'amicaux. Un jour, Billy déniche un jeune rapace ; il vole alors dans une librairie un traité de fauconnerie et entreprend de dresser l'oiseau. Il se donne tout entier à cette tâche et lorsqu'un professeur, attentif, lui demande d'exposer à la classe l'art de dresser un faucon, Billy réussit à intéresser tous ses camarades. Mais le gamin a détourné une petite somme d'argent que son frère lui avait confiée pour jouer aux courses : Jude se vengera en tuant l'oiseau, le seul ami de l'enfant.

* Meilleur acteur dans un second rôle pour Colin Welland, BAFTA Awards, Londres, 1971.

* Révélation de l'année pour David Bradley, BAFTA Awards, Londres 1971.


Le décor est celui d'une ville minière du Yorkshire. Au milieu de mornes paysages, prisonnier d'un coron de briques rouges, Billy, 15 ans, s'ennuie entre une mère irresponsable et un frère brutal. Le jour où il trouve un petit faucon, il se découvre aussi une passion : il va le dresser...Cannes, 1970. A la Semaine de la critique, ce deuxième long métrage de Ken Loach, alors inconnu, fait l'unanimité. La presse évoque Truffaut, et trouve à Billy, le jeune héros, un air de famille avec l'Antoine Doinel des Quatre Cents Coups... La comparaison s'arrête là. Car Ken Loach a déjà une manière unique d'aborder la vie quotidienne des laissés-pour-compte. En opposant avec subtilité l'intelligence avec laquelle Billy apprivoise le rapace à la stupidité du « dressage » dont sont victimes les enfants, il dénonce système social et système éducatif. Tourné avec une équipe légère, en décors réels, avec des acteurs non professionnels, Kes est la première et brillante réussite d'une méthode que Ken Loach, héritier de l'école documentaire anglaise, allait appliquer à toute son œuvre. On y découvrait sa sensibilité, le contraire de la sensiblerie. Trente ans après, Kes reste un de ses meilleurs films. Bernard Génin. Télérama.fr 


Kenneth Loach est né à Nuneaton, près de Coventry. Issu d'une famille modeste, il a intégré pendant deux ans l'armée de l'air et a étudié le droit à Oxford, où il a commencé à s'intéresser à l'art dramatique. Il se dirige alors vers la réalisation et, au début des années 1960, commence par tourner des séries pour la télévision. Ses premiers travaux sont des films documentaires et de fiction qui portent déjà la marque de cet engagé contestataire qui revendique ses aspirations : ses œuvres sont baignées du réalisme social, de la sensibilité et des revendications des victimes et des défavorisés, en particulier de la classe ouvrière. Ken Loach bouleverse la société anglaise en abordant des sujets peu traités comme le chômage ou la vie des sans abris.
Il réalise en 1966 un film pour la télévision, Cathy come home, qui bouleverse l'opinion anglaise puis en 67 son premier long-métrage pour le cinéma, Pas de larmes pour Joy. Suivent Kes (1970), Family Life (1972), et Black Jack (1978). Dans les années 80-90, son œuvre reçoit des récompenses avec Regards et sourires (1981), Hidden Agenda (1990), Raining Stones (1993). Il travaille avec le scénariste Paul Laverty pour Carla’s song (1996) et My Name is Joe (1998)..
Son succès populaire vient surtout des films axés sur les inégalités et les problèmes de la société britannique, que ce soit les difficultés quotidiennes du monde ouvrier comme dans Les Dockers de Liverpool en 1997, ou celles des immigrés mexicains exploités aux États-Unis dans Bread and Roses en 2000, ou celles à nouveau des anciens ouvriers dans The Navigators en 2001, ou que ce soit le mal-être de la jeunesse laissée-pour-compte et happée par la drogue avec Sweet sixteen en 2002, ou encore l' intégration des immigrés dans Just a Kiss en 2003.
En 2006, il obtient la Palme d’Or au Festival de Cannes pour Le vent se lève, film qui relate le conflit irlandais. Dans It's a free world! sorti début 2008, il explore les affres du libéralisme et décrit la lente chute morale d'une jeune femme renvoyée de son travail et qui décide de monter une agence employant des immigrés à bas salaires. S'interrogeant sur le lien social que constitue le ballon rond au Royaume-Uni, il filme une équipe naissante dans My Name is Joe en 1998 puis se penche à nouveau sur cet aspect en filmant une légende vivante, Eric Cantona, dans Looking for Eric en 2009. En 2014, il offre aux spectateurs un très bel adieu au cinéma intitulé Jimmy's Hall, plongée dans les conflits intimes d’une Irlande populaire déchirée et ambivalente, et pour la sortie duquel il annonce, hélas, que cela sera sans doute son dernier film...


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Ce film est accessible pour un public entre 12 et 99 ans.

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