Orphée, le poète, se trouve au sommet de sa gloire et de sa fortune, en dépit des ricanements d'une jeune génération de poètes ambitieux. Devant le café littéraire de la ville, il est bousculé par l'un de ses jeunes rivaux, Cégeste, que tente d'entraîner la princesse, la mystérieuse dame à la Rolls noire. Une bagarre éclate et Cégeste est renversé par deux motocyclistes vêtus de noir. La princesse emporte le corps de Cégeste dans sa Rolls et demande à Orphée de l'accompagner pour témoigner. C'est un piège. Orphée assiste à des phénomènes étranges. Il n'est plus le même. Il refuse de répondre à la police comme à Eurydice, sa femme. Peu après, celle-ci est à son tour renversée par les motocyclistes...

Un conte fantastique et poétique où les vivants et les morts dialoguent et s'affrontent. Une transposition moderne éblouissante, chargée de symboles... Incontournable !

    Ce film fantastique est le plus réaliste des films. Laissez-vous faire, comme Orphée s'abandonnant à la volonté de la princesse. Laissez-vous emporter par la rigueur de ce poème et, soudain, le monde réel vous apparaîtra pour ce qu'il est vraiment : le signe visible d'un univers invisible. Claude-Marie Tremois, Télérama hors série, Le guide du cinéma chez soi.

    A propos de cette œuvre obscure « baignant d'un côté dans le mythe, de l'autre dans le surnaturel », Jean Cocteau parlait de « film policier ». Il ne désirait pas qu'on y cherche des interprétations symboliques et souhaitait qu'on le regarde avec les yeux de l'innocence émerveillée. Comme pour La Belle et la Bête, il refusa d'y exploiter tout lyrisme de l'irréel, ses trucages étant utilisés avec sobriété pour faire basculer le spectateur dans un rêve d'au-delà des miroirs. En filigrane, le propos du film a hanté si souvent son œuvre que l'on peut parler de fable autobiogra­phique. Il s'agit des épreuves initiatiques imposées au poète las des choses terrestres, et qui apprend à aimer la mort et à se faire aimer d'elle pour devenir immortel.  Nagel Miller. Télérama.fr

        Le film sera suivi, en 1960, du Testament d'Orphée, toujours réalisé par Jean Cocteau retrouver sur support DVD dans les médiathèques).

        L’entre-deux-guerres devait être pour Jean Cocteau, au faîte de sa gloire, une période d’intense créativité, placée sous le signe de l’avant-garde. Il collabora avec des musiciens tels Erik Satie (Parade, 1917) et Darius Milhaud, comme avec des peintres célèbres. Il témoigna dans son écriture d’une égale curiosité, s’essayant à la poésie d’inspiration futuriste, dadaïste ou cubiste. Il occupa également une grand place dans le théâtre, avec notamment La Voix humaine (1930), La Machine infernale (1934), Les Parents terribles (1938), Les Monstres sacrés (1940), L’Aigle à deux têtes (1946). Enfin, le cinéma devait à son tour attirer Jean Cocteau, qui donna au septième art des films et des scénarios marquants, parmi lesquels on citera Le Sang d’un poète (1930), L’Éternel retour (1943), La Belle et la Bête (1945), Les Parents terribles (1949), Orphée (1950), Le Testament d’Orphée (1960). Jean Cocteau fut élu à l’Académie française le 3 mars 1955.

        Retrouvez d'autres films de Jean Cocteau, en tant que réalisateur, auteur, et/ou scénariste, disponibles en DVD dans les médiathèques.

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        Ce film est interdit aux moins de 12 ans.