Johan et les siens sont des mennonites du nord du Mexique. En contradiction avec la loi de Dieu et des hommes, Johan, marié et père de famille, tombe amoureux d'une autre femme. Une parabole de la vie et de ses mystères, qui prend le temps de sonder le monde sans le juger, variation sur Ordet de C. T. Dreyer…

* Prix du Jury au Festival de Cannes, 2007.


La foi, les astres, le pénitent: Lumière silencieuse ne dévie pas des obsessions de Carlos Reygadas, l’homme aux yeux d’aigle prêt à désosser ses proies, à avaler le monde jusqu’à mordre la poussière. Mais ce troisième long métrage ne ressemble ni au terrassant Japon ni à l’éprouvant Bataille dans le ciel, ses précédents morceaux homériques (un coup de foudre et un coup dans l’eau, un film de Reygadas n’autorisant pas souvent l’indifférence). Mais ici, la retenue se substitue à l’emphase, la colère est baignée de larmes et de regards compatissants, la plume enterre l’enclume. D’une douceur et d’une ascèse presque suspectes, Lumière silencieuse nous immerge pendant deux heures dans le quotidien lancinant de mennonites, communauté protestante originaire des Pays-Bas installée au Mexique et parlant le Plautdiesch, un dialecte dérivé du flamand et du néerlandais médiéval. L’effet chaud - froid est immédiat. On comprend ce qui a pu séduire le cinéaste, familier des violents contrastes, dans cette rencontre improbable entre la moiteur sauvage du décor et la rectitude, la platitude des sentiments. Johan et Esther s’observent en chiens de faïence, Marianne "l’autre" femme appelle à une trêve, une "paix" plus conforme à leur religion. L’harmonie plutôt que le conflit. Au fond, rien n’a vraiment changé, rien n’étonne et plus rien ne détonne. Seule la nature électrise et bouleverse – une réminiscence de Japon. Reygadas filme le Mexique comme s’il posait le pied sur la lune. L’éblouissante ouverture en impose, définitivement. Filmdeculte.com


Né en 1971 à Mexico, Carlos Reygadas clôt ses études de droit par une thèse sur la Cour internationale de Justice et ses relations avec l’ONU. Spécialiste de la question des conflits armés, il s’installe à Londres puis à New York, où il correspond pour les Nations unies. A vingt-sept ans, il abandonne sans regret une carrière prometteuse de juriste pour se consacrer au cinéma. Il réalise dans la foulée quatre courts métrages (Adulte en 1998, Prisoners, Oiseaux et Maxhumain en 1999) et tente le concours d’entrée de l’INSAS à Bruxelles. Refusé (trop qualifié), il retourne au pays pour peaufiner la réalisation de son premier long métrage. Découvert à la Quinzaine des réalisateurs avec l'ébouriffant Japon, mention spéciale à la Caméra d’or, le Mexicain Carlos Reygadas ne pouvait qu’attirer l’attention. C’est avec Bataille dans le ciel qu’il gravit les marches du Palais en 2004 et fait une entrée remarquée dans la compétition officielle. L’ambition, la grandiloquence, la démesure du film ne trouveront pas d’écho auprès du jury, mais le frondeur Reygadas a su imposer un ton et un univers bien à lui. Il revient en 2007 à Cannes avec avec son troisième film, Lumière silencieuse.  

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