Sven arrive à Auschwitz pour y effectuer son service civil. L'une de ses tâches consiste à s'occuper d'un survivant du camp de concentration, Krzeminski, un vieil homme buté qui traite le jeune Allemand avec un mélange d'arrogance et d'impatience. Heureusement, la relation naissante avec l'interprète Ania permet à Sven de supporter le quotidien - jusqu'à ce que le jeune homme commence à comprendre combien le passé et le présent sont inextricablement liés à Auschwitz, aujourd'hui Oswiecim...

* Prix Un certain regard, Festival de Cannes 2007

Par la maîtrise de cet équilibre, Thalheim donne de son sujet – les stigmates de la Shoah dans la conscience collective – un aperçu échappant à la banalisation à laquelle elle est souvent exposée, que ce soit dans la fiction de reconstitution tentée par l’académisme ou les reportages dilapidant les acquis du documentaire. Il se permet ainsi de brasser assez large dans sa vision de la petite ville qui accueillit victimes, bourreaux et passifs en reflet de la conscience malade du monde, et de faire du voyage initiatique et des rencontres de son protagoniste un croisement de portraits des réactions contradictoires face aux traces de l’horreur et à leur valeur symbolique. Par le biais d’une caractérisation subtile de personnages fictifs, mais croqués avec la subtilité d’un cinéaste qui sait manifestement observer les gens, on rencontre la prise de connaissance compassée, le devoir de mémoire menacé de réduction à un pensum, la cicatrisation des blessures par l’humour, le désir de se tourner vers l’avenir en se délestant du passé, et au fond : la valse-hésitation entre recul devant l’incompréhensible et attachement à en garder intacts le souvenir et les leçons. Et puis les touristes en devient une forme subtile de film choral − sans l’attirail pesant de rythme et de découpage exhibé par moult films discutables du genre (Collision...) − où chaque personnage, chaque attitude porte en elle une part du rapport du monde contemporain à une mémoire intime dont le poids est diversement supporté. Benoît Smith www.critikat.com

En savoir plus sur le "film choral"


Robert Thalheim, né en 1974, a présenté son premier long-métrage Tout ira bien (Netto) en 2005, dans la section de la Berlinale consacrée au jeune cinéma allemand : un film tourné en l'espace de quelques semaines, avec quasiment aucun moyen et  alors même qu'il était encore au beau milieu de ses études de cinéma. Il fut récompensé par le prix " Dialogue en perspective " initié par l'Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ).
Robert Thalheim a réalisé ensuite deux autres long-métrages : le premier, Et puis les touristes (Am Ende kommen die Touristen), qui a été sélectionné à " Un Certain Regard " au Festival de Cannes 2007, le second, Eltern, réalisé tout récemment en 2012.

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