Un Jarmusch doux-amer et drôlement mélancolique. Célibataire endurci, Don Johnston vient d'être quitté par Sherry, sa dernière conquête. Alors qu'il se résigne une nouvelle fois à vivre seul, il reçoit une lettre anonyme dans laquelle une des anciennes petites amies lui apprend qu'il est le père d'un enfant de 19 ans, et que celui-ci est peut-être parti à sa recherche. Sous les conseils de son meilleur ami, détective amateur, il décide de mener l'enquête afin d'éclaircir ce mystère. Malgré son tempérament casanier, le sédentaire Don se lance alors dans un long périple, au cours duquel il retrouve quatre de ses anciennes amours...

Grand Prix du Festival de Cannes 2005.


Broken Flowers s'ouvre sur la possibilité d'un vide abyssal, d'un calme effrayant, d'un silence de plomb. Plus aucun souffle ne semble parcourir le vaste salon de Don (mais oui), le quinquagénaire abandonné en survêtement de marque. Voilà une face cachée du rêve américain plutôt rare à l'écran : la prostration du nouveau retraité de l'informatique, aisé, célibataire et sans enfant, avec encore quelques décennies d'espérance de vie. Qui filme ça ? L'icône du cinéma américain indépendant des années 1980 et 1990, aujourd'hui âgé de 52 ans, et dont on sait qu'il n'arrivait plus à monter de film toutes ces dernières années - précédent long métrage en 1999. Jim Jarmusch face au vide ? En tout cas, Broken Flowers témoigne d'un sacré chamboulement intérieur. (...) Jim Jarmusch nous parle aujourd'hui de l'existence telle qu'elle s'écoule et s'étire sur le sofa d'un pavillon de banlieue, et il y a d'emblée quelque chose de touchant dans cette reconfiguration du monde aux proportions du quotidien. Comme un aveu de simple mortalité, une épreuve de vérité. L'impression de voir le cinéaste s'avancer enfin à découvert, sans pose ni apprêt, sans les accessoires du rebelle new-yorkais ou du cinéaste rock - la musique, toujours choisie avec brio, est moins organiquement centrale que dans les films précédents. Ici, le cinéma de Jarmusch est d'abord celui de Bill Murray (qui joue Don), l'homme dont la lassitude immobile vaut comme un spectacle en soi. Puis la fiction arrive par la boîte aux lettres, sous la forme d'une lettre rose et anonyme, informant Don qu'il a un fils de 19 ans... Louis Guichard  Lire la suite sur Télérama.fr


Exemple parfait du cinéaste indépendant américain, Jim Jarmusch construit depuis le début des années 1980 une œuvre d'une grande cohérence, minimaliste, arty et désenchantée. En 1984, il réalise son premier long métrage, Stranger Than Paradise, premier volet d'une trilogie urbaine. Ce récit en noir et blanc de deux jeunes Américains d'origine hongroise errant dans une Amérique engourdie fait date dans l'histoire de la nouvelle vague américaine. Influencé par la Nouvelle Vague, par le cinéma tchèque des années 1960 et par l’œuvre du réalisateur allemand Wim Wenders, Jarmusch devient rapidement un cinéaste à la mode. Il réalise alors un court métrage, Coffee & cigarettes (1986), dont il tournera différentes variations au fil des ans (l'une d'elles en 1993, obtiendra même la Palme d'or du court métrage à Cannes), et qui deviendra en 2003 un long métrage compilant onze épisodes au casting prestigieux et composite autour d'une tasse de café et de cigarettes. Avec Down by Law (1987), Jarmusch mélange diverses autres influences : bande dessinée, néo-réalisme italien, poésie, rock, série noire. Ses personnages sont toujours des antihéros, des marginaux errants à la recherche d'un ailleurs indéfini et soumis au hasard des rencontres. Mystery Train (1988) conclut cette trilogie. Le réalisateur use de mélanges savants entre humour et désespoir, à travers trois histoires imbriquées dont le coeur est la ville de Memphis. Jim Jarmusch signe ensuite Une nuit sur terre (1990), dans lequel il suit cinq chauffeurs de taxi dans cinq villes américaines. Il réunit Johnny Depp et Robert Mitchum dans Dead Man (1995), faux western poétique et contemplatif tourné en noir et blanc. Avec Ghost Dog, la voie du samourai (1997), Jarmusch poursuit sur fond de musique rap son exploration d'une Amérique déliquescente, à travers le parcours d'un tueur solitaire et laconique incarné par Forest Whitaker, fasciné par le mode de vie et le code d'honneur des samourais, et confronté à des mafieux dépassés par les temps modernes. Broken Flowers lui vaut en 2005 une récompense au festival de Cannes; le Grand Prix du Jury couronne en effet ce voyage nostalgique et tendre à travers l'Amérique d'un homme sur les traces de ses quatre premiers amours. Only Lovers Left Alive (2013) est l'occasion pour le cinéaste de se pencher à sa singulière manière, mélancolique et contemplative, sur le mythe des vampires. 


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