Gravure sur papier glacé et ordinateur. Deuxième film de la trilogie consacrée à l'enfance de Regina Pessoa. Une petite fille pas comme les autres doit trouver sa voie pour s'affirmer face à son entourage. Alliant fantaisie et poésie, ce court métrage d'animation a le charme intemporel d'une fable sur la différence et l'affirmation de soi. Grâce à la rugosité de la texture des gravures, la cinéaste crée un univers de contrastes que vient renforcer une bande sonore cadencée.

* Cristal du court métrage, Festival international du film d'animation, Annecy, 2006.
* Prix de Qualité,  Centre national du Cinéma, France
* Best Animation, International Short Film Festival Berlin.

Le graphisme, un noir et blanc torturé - obtenu par la technique de la gravure sur papier - et l'argument de l'histoire - le problème que pose un corps surnaturel - rappellent les contes de Tim Burton, le morbide en moins. Sylvie Delpech, in Bref n°74


Les histoires que j’aime raconter sont toujours simples, sur des personnes que j’ai connues. Quelques unes sont encore en vie, d’autres sont parties.  Elles ont eu une vie anonyme ou ont été ignorées et rapidement oubliées. Je m’intéresse aux mystères, aux petits drames et à la poésie qui est cachée dans leurs vies apparemment banales. Ces gens sont mes héros et mes références. Les idées de ce film sont apparues dans un travail de gravure et sérigraphie pendant que j’étudiais aux Beaux-Arts, chaque phrase inspirait une gravure et chaque image suggérait une nouvelle phrase et ainsi de nouveaux défis techniques et esthétiques se sont posés. Un long procès de production s’ensuivit. Nous suivons une fillette et nous avons découvert qu’elle n’est pas pareille aux autres personnes, elle est "différente". Ce qui la fait être différente non seulement dérange la communauté à laquelle elle appartient mais se traduit aussi par une profonde souffrance individuelle. La communauté et la fille réagissent à cette différence, la première en manifestant son intolérance, la deuxième en s'isolant. Avec le temps, la communauté finit par s'habituer insensiblement à la présence de la différence, l'éloignant, et en même temps en l'intégrant à son quotidien. Cependant les différences existent, persistent et sont irréductibles. Parfois elles ont une raison d'être et correspondent à des états temporaires de transition vers d'autres états d'existence, quelques fois mortels. Regina Pessoa


Né en 1969 à Coimbra, petit village du Portugal, Regina Pessoa passe son enfance à la campagne à écouter les histoires de la famille et à observer minutieusement les dessins que son oncle faisait au charbon sur les murs de la maison de sa grand-mère. Un premier pas vers le monde de l'animation... Plus concrètement, c'est au cours de ses études en peinture aux Beaux-Arts de Porto qu'elle s'initie aux différentes techniques d'animation. En 1999, elle réalise son premier court métrage, La nuit, en filmant en 35 mm, ses gravures sur plâtre, pour narrer l'histoire d'une petite fille qui a peur du noir. En 2005, elle entame le deuxième volet de sa trilogie sur l'enfance, Histoire tragique avec fin heureuse, une coproduction entre le studio portugais Ciclope, le studio français Folimage et l'Office national du film du Canada, dans lequel une petite fille doit apprendre à composer avec les battements de son cœur. Cette fois, elle combine à la gravure sur papier glacé l'utilisation de l'ordinateur et signe un film remarquable. Lauréat de 50 prix partout dans le monde, ce film reste à ce jour le court métrage le plus primé de l'histoire de l'animation portugaise. Kali le petit vampire, coproduction entre le Portugal, la France, la Suisse et le Canada, entièrement conçu à l'ordinateur par une technique de gravure sur tablette numérique, est son troisième film et vient clore sa trilogie sur l'enfance.

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