La suite du procès de Michael Peterson...huit ans après un procès de plus de trois mois qui avait tenu en haleine une partie de l'Amérique, et qui a abouti à la condamnation à vie de Michael Peterson pour le meurtre de sa femme Kathleen. Huit ans après qu'il n'ait jamais cessé de clamer son innocence et épuisé tous les recours possibles. Alors que ses espoirs étaient réduits à néant, un rebondissement spectaculaire vient de relancer l'affaire.

Il y a près de dix ans, Jean-Xavier de Lestrade réalisait un documentaire en huit épisodes, Soupçons, sur le procès de Michael Peterson, un écrivain américain accusé du meurtre de sa femme. Un chef-d’œuvre, aussi bouleversant que dérangeant, dans lequel le réalisateur convoquait toute la beauté du cinéma pour approcher le réel dans son insondable complexité. [...] Aujourd'hui, l'émotion est grande à l'heure de retrouver les protagonistes d'hier avec ce nouveau film documentaire, La Dernière Chance, tourné en 2011, à la faveur d'un spectaculaire rebondissement de l'affaire. Télé Obs.

(...) Dans une résidence à quelques miles de là, une équipe de télévision française a posé, début décembre 2011, caméras et micros : Jean-Xavier de Lestrade (réalisateur oscarisé pour Un coupable idéal en 2002) est venu filmer un rebondissement judiciaire spectaculaire dans l'affaire Michael Peterson, un fait divers qui avait passionné les Américains en 2002-2003 et que le réalisateur avait raconté dans Soupçons (The Staircase), magistrale série documentaire aux allures de thriller. Retrouvée, le 9 décembre 2001, au pied de l'escalier de leur demeure, Kathleen, 49 ans, l'épouse de Michael, avait été victime d'une chute mortelle après une prise de Valium et une soirée bien arrosée au bord de la piscine. Le 10 octobre 2003, à l'issue d'un procès fleuve de cinq mois, la justice avait choisi une autre vérité : Michael Peterson, écrivain reconnu et ex-candidat à la mairie de Durham, avait massacré sa femme en lui portant, à plusieurs reprises, des coups sur le crâne. Puis maquillé ce crime conjugal en accident. Huit ans après l'incarcération de Michael Peterson, Jean-Xavier de Lestrade et son équipe ont donc à nouveau traversé l'Atlantique et repassé, avec leurs 250 kilos de matériel, la tatillonne douane américaine. Le réalisateur, qui affirmait, en dépit du succès international de Soupçons (diffusé dans une trentaine de pays), qu'il ne tournerait une suite qu'à la faveur d'éléments nouveaux majeurs, n'avait pas eu l'occasion de refaire ce voyage. Car depuis sa condamnation à vie pour « meurtre au premier degré » (homicide avec préméditation), malgré l'absence totale de preuves, l'écrivain purgeait sa peine infinie dans la prison de Nash sans espoir d'en sortir. L'élément nouveau est apparu en 2010, à l'occasion d'un scandale qui a éclaboussé la police et entraîné la chute d'un agent du SBI (State Bureau of Investigation), Mr Deaver. (...) Grâce à la qualité et la renommée de Soupçons, ils ont obtenu les autorisations de filmer partout, en cellule comme au tribunal de Durham. Placées sur la gauche de la salle, les caméras enregistrent l'intégralité des débats. Dans le box, face à la bannière étoilée et au drapeau de la Caroline du Nord, Peterson semble marqué. A 68 ans, il souffre de crises d'arthrite qui le font boiter. Mais il garde l'espoir et une forme de révolte. « Je ne savais pas que mon pays pouvait mettre un innocent en prison à vie ! » lance-t-il au photographe de Télérama, admis exceptionnellement dans son box lors d'une interruption d'audience. Dans le tribunal, l'homme écoute sans broncher les témoins qui viennent à la barre disqualifier les méthodes de Deaver. (...) Alors que Soupçons disséquait, avec subtilité, la personnalité de l'accusé, son humour, ses zones d'ombre, la suite que tourne Jean-Xavier de Lestrade repose sur une série de nouvelles questions : l'accusé a-t-il eu droit, ou pas, à un procès équitable, du fait des mensonges de Deaver ? Les résultats scientifiques (ADN, analyses de sang…) sont-ils des preuves infalsifiables ? La justice américaine, qui peine dans certains Etats à réexaminer ses décisions, peut-elle accorder une nouvelle chance à un détenu clamant son innocence ? (...)Dans mes films, je me bats toujours pour servir au mieux ce que cette matière a de fort. » Devenue leur « famille élargie », l'équipe française n'en finit plus de tisser des liens avec les membres du clan Peterson, tout en décryptant les rouages de la justice américaine. En perpétuelle collision entre le passé et le présent, l'écran et le réel. Emmanuelle Skyvington. Télérama.fr

Après des études de droit et de journalisme, Jean-Xavier de Lestrade crée en 1987, avec deux amis issus du CFJ, une agence de presse audiovisuelle : Tribulations. Il y réalise alors ses premiers films pour les films documentaires de Canal +. En 1990, il quitte Tribulations et devient réalisateur indépendant. Il concentre alors son travail sur les thèmes qui le passionnent : la société et ses tabous. La violence sexuelle, la folie, la mort, l'exclusion, les dérapages de la mécanique judiciaire deviennent les personnages centraux de ses films. Il réalise ainsi, en 1993, Viols et Châtiments, qui raconte la dérive de trois agresseurs sexuels (un violeur et deux pédophiles dont l'un ira jusqu'au meurtre). Un film si dérangeant qu'il ne fût jamais diffusé. Il enchaîne ensuite, en 1994 et 1995, avec deux films (qui seront remarqués dans plusieurs festivals) sur les rapports de l'inceste et la justice. La Cavale des Innocents filme la fuite bouleversante d'une jeune mère et de son enfant à travers le pays. Le second, L'Inceste face à la Justice, montre la fragilité de la parole des victimes confrontée à celle des agresseurs lorsqu'elles se retrouvent devant le juge. C'est à cette époque qu'il rencontre Denis Poncet qui produira tous ses prochains films. En 1997, ils s'associent au sein de la société de Bertrand Tavernier et Frédéric Bourboulon, Little Bear, pour développer un département documentaire. Un an plus tard, en 1998, il réalise Une Australie Blanche et Pure, qui a obtenu le FIPA d'Or, révèle le premier génocide du XXème siècle dont furent victimes les Aborigènes d'Australie. Après Des enfants pleins d'Espoir et D'un Amour à l'Autre, Jean-Xavier de Lestrade quitte Little Bear et crée en 1999, avec Denis Poncet, Maha Productions. Leur film documentaire sur le procès d'un jeune noir américain Un Coupable idéal remporte l'Oscar en 2002. En 2004, le fabuleux The Staircase, huit épisodes sur le procès de Michael Peterson, est remarqué par la critique. Six ans plus tard, il réalise son premier long-métrage de fiction : Sur ta joue ennemie avec Robinson Stévenin et Fanny Valette.  En 2009, Jean-Xavier de Lestrade réalise un film documentaire autour de L'Affaire Courjault. Ce film est une reconstitution rigoureuse du procès de Véronique Courjault, condamnée pour infanticide dans l'affaire des "bébés congelés". Jean-Xavier de Lestrade réalise un docufiction implacable qui touche à un fait divers complexe et intervient dans le débat sur l'interdiction de filmer les audiences. En 2014, le film 3 x Manon obtient le Fipa d'or à Biarritz, l'histoire de Manon, 15 ans, qui est envoyée en centre éducatif fermé après avoir poignardé sa mère... 

Un entretien avec Jean-Xavier de Lestrade à propos de Soupçons 2


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