Nicola a 35 ans, il est né dans les années 1960, “les fabuleuses années 60”. Depuis toutes ces années, il vit dans un asile tenu par des religieuses. Le monde qu'il y perçoit n’est pas très différent de la réalité extérieure. Dans son cerveau disloqué, la réalité et la fiction entrent en collision et génèrent des illuminations imprévisibles.

* Prix spécial du festival du film italien d’Annecy, 2010.

A quoi servent les fous ? Et d’abord qui sont-ils ? A ces questions posées de toute éternité, les réponses ont varié selon le prisme qu’offraient les époques, les situations et les sociétés. Les variations sont d’ailleurs si amples parmi ces réponses que l’on a pris l’habitude de les tenir pour des informations plus fiables sur les sociétés elles-mêmes et l’état de leurs mentalités que sur les fous qui les suscitent. Maintes fois reproduite depuis Michel Foucault, cette démonstration s’exprime avec une force nouvelle et une forme fraîche dans la Pecora nera («le mouton noir»), troisième long métrage du méconnu touche-à-tout italien Ascanio Celestini. Mouton noir, brebis galeuse, vilain canard : la Pecora nera nourrit dans son titre une ambiguïté constitutive et profitable. (...)L’histoire très particulière de la psychiatrie et de l’antipsychiatrie en Italie (dont l’événement pivot reste la fermeture de tous les asiles dans les années 1970) donne naturellement à la Pecora nera sa spécificité culturelle. Mais le background historique n’a nul besoin d’être déjà assimilé pour que le spectateur fusionne dès les premiers plans avec cette histoire d’enfance, de folie et de cinéma, et c’est évidemment le plus troublant dans cette construction : son plain-pied avec ce que nous savons déjà mais que l’on nous conditionne à oublier. Un savoir lumineux, rarissime et profond est en effet au cœur du film. Un savoir que nous partageons tous mais que l’œuvre refait surgir à notre entendement assourdi, et qui nous dit que l’humanité est un rêve réaliste, que l’homme est à la fois multidimensionnel et unique, que nous sommes des créatures folles, des passagers poétiques, des mortels libres et pourtant des animaux sociaux. Celestini s’impose ainsi facilement cette saison comme l’un des plus insolites (et menacés) spécimens de l’espèce cinéaste. Olivier Séguret, in Libération. Lire la suite


Ascanio Celestini étudie la littérature et l’anthropologie avant de se tourner vers le théâtre et de l’aborder par une voie parallèle. Il est en effet fasciné par la tradition, la transmission et l’oralité, et appartient à la seconde génération du théâtre-récit, appelé aussi théâtre de narration. Témoignages et rencontres avec des gens ordinaires sont à la source de son inspiration et de son écriture.  Au théâtre, il se fait connaître à partir de 2003 et l’adaptation théâtrale de Discorsi alla nazione (traduit en France en 2014 par Discours à la nation) lui a valu le Prix de la critique en Belgique. Deux de ses romans sont traduits en France : La Pecora nera. Elogio funebre del manicomio elettrico, (La Brebis galeuse, 2006,) et Lotta di Classe ( La Lutte des classes,2009,). En 2002, l’auteur a reçu le Prix de la Critique et le Prix Ubu pour ses recherches approfondies sur l’Histoire dans ses récits, et en 2005 le Prix Ubu du « Meilleur nouveau texte italien » pour Histoires d’un idiot de guerre. Son film La Pecora nera, adaptation cinématographique de son roman, a été remarqué à la Mostra de Venise en 2011. Ascanio Celestini a par ailleurs multiplié ses activités depuis 2006 : à la fois metteur en scène et interprète de ses propres récits, il a réalisé ou soutenu plusieurs films documentaires, composé un album de chansons et écrit de courts textes pour la télévision.


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