Situé au cœur de Jaffa, une ville que les Israéliens surnomment "la fiancée de la mer", le garage de Reuven est une affaire familiale. Il y emploie sa fille Mali et son fils Meir, ainsi que Toufik et Hassan, un jeune Palestinien et son père. Personne ne se doute que Mali et Toufik s'aiment depuis des années. Alors que les deux amants préparent en secret leur mariage, la tension monte entre Meir et Toufik. 

Un regard nuancé et juste sur la haine raciale.

Il m’a fallu un an pour déterminer le lieu de l’histoire que je voulais raconter, se souvient la réalisatrice. Cela me semblait plus intéressant d’évoquer la situation en Israël et non pas dans les territoires qu’on appelle communément "territoires occupés" : Gaza, Jenin, etc. La lutte des Palestiniens pour l’indépendance y est beaucoup plus claire que celle qu’ils mènent au sein même d’Israël, il s’agit d’une lutte beaucoup plus complexe et bien moins connue du reste du monde. Les Palestiniens qui vivent en Israël (appelés "Arabes israéliens") sont de fait des citoyens israéliens, mais ils sont toujours privés de certains droits, comme, par exemple, la possibilité d’étudier l’histoire de la Palestine à l’école. En tournant à Jaffa, j’ai essayé de montrer que le conflit entre Israël et la Palestine ne peut pas être réglé en érigeant un mur. Keren Yedaya

Le malaise qui règne à Jaffa est le sujet du film de Keren Yedaya, une cinéaste engagée, déterminée à affronter des sujets explosifs en racontant des histoires populaires, ici un drame aux multiples implications. Dans un garage de Jaffa, petite entreprise familiale, les patrons sont israéliens, les mécaniciens arabes. L'ambiance y est harmonieuse, excepté en présence de Meir, le fils du boss, un jeune homme mal dans sa peau, paresseux et méprisant.(...) Jaffa est un film sur la dégradation des rapports affectifs, sociaux et politiques par le non-dit. Keren Yedaya observe ce clan qui biaise avec ses désirs, sa vérité, qui ne perce jamais les abcès, cultive une cohabitation factice.(...) Mine de rien, Keren Yedaya signe un film extrêmement dérangeant, où elle s'en prend aux hypocrisies politiques, aux mensonges sociaux, aux contradictions de la société israélienne. Ses critiques sont à déceler dans une histoire romanesque, une chronique où l'avenir d'un pays passe par la responsabilité de chacun de ses individus. Les comportements des personnages y échappent à la caricature, tous respectables dans le mystère de leur être, dans le souci de leur accomplissement. L'hypocrisie politique y transpire sous un drame humain complexe. La cinéaste capte avec une acuité particulière les tensions qui affleurent sous la convivialité d'un diner où une assiette vole en éclat, d'une soirée où la mère (la toujours électrique Ronit Elkabetz) exprime un mélange de sensualité exacerbée et de souffrance existentielle en se faisant masser les pieds par son époux sur le canapé, devant la télévision. Jean-Luc Douin. LeMonde.fr

Keren Yedaya réalise les courts métrages Elinor (1994), Lulu (1999) et Les Dessous (2001), qu'elle tourne en France, avant de faire sensation avec son premier film long, Mon Trésor (2004). Cette chronique de vie d'une mère prostituée et de sa fille adolescente dans la banlieue de Tel-Aviv marque les spectateurs par sa description sociale, sa richesse et sa maitrise. Keren Yedaya obtient la Caméra d'Or, le Grand Prix de la Semaine de la Critique  au Festival de Cannes en 2004. Saluée dans le monde entier, la jeune cinéaste retrouve ses deux interprètes, auxquelles elle adjoint l'acteur Moni Moshonov, pour son second film, Jaffa (2009), peinture familiale, sentimentale et politique, au cœur de familles israélienne et palestinienne liées par le travail et une histoire d'amour cachée, dans la ville du bord de mer qui donne son nom au film.

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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.