Au XVIIIe siècle, Belle, fille d'un riche marchand, demande à son père de lui rapporter une rose. Ce dernier cueille une fleur qui appartient à un monstre habillé en seigneur, la Bête qui lui demande sa vie ou l'une de ses filles en échange. Afin que son père échappe à la mort, Belle accepte de retrouver la Bête, pensant être dévorée. Mais au lieu de cela, elle est reçue comme une princesse dans un château enchanté.

* Prix Louis Delluc, 1946.

Des statues qui s'animent , des bras tenant des candélabres et une Bête dont l'apparence monstrueuse cache un coeur noble. Nul besoin d'être cinéphile pour apprécier la féerie des décors et la poésie qui se dégage du film. Que les parents ne se laissent pas effrayer par le nom de Cocteau ou le noir et blanc, ce film a rencontré un très grand succès auprès du jury du "Guide du cinéma pour les enfants". (Éditions Nouveau monde, 2006)

Pour Cocteau, un film est « une œuvre à l'encre de la lumière ». Grâce au ­génie de son chef opérateur Henri Alekan, le ­cinéaste parvient à éclairer l'irréel. En opposition au monde réel de la Belle, inspiré par Vermeer, la mise en scène de l'intérieur du château, le monde de la Bête, tout en clair-obscur, est placée sous l'influence « fantastique » de Gustave Doré. Le décor est-il animé ou inanimé ? L'atmosphère repose sur cette ambivalence, le plus bel exemple restant les candélabres humains, bras-flambeaux sortant du mur, partie d'humanité passée de l'autre côté du miroir, avalée par le merveilleux. Le trucage, d'une simplicité « enfantine », peut encore rendre jaloux tous les ordinateurs des plus grands studios d'animation actuels : Cocteau monta la scène à l'envers pour faire croire que les candélabres s'allument au fur et à mesure. Quant à sa Bête, elle est l'incarnation parfaite de l'affrontement de la beauté et de la laideur, thème essentiel de toute son œuvre. Il fait jouer Avenant (prétendant qui n'existe pas dans le conte) et la Bête par le même Jean Marais. Puis punit Avenant pour son arrogance dans un fondu enchaîné où il meurt en prenant l'apparence de la Bête. Hanté par le procès de Nuremberg, qui se déroulait pendant le tournage, Cocteau réfléchissait à sa manière sur la vraie monstruosité, au-delà des apparences. Guillemette Odicino. Télérama.fr

Triomphe du cinéma français d’après-guerre, cette adaptation d’un conte est à la fois le plus gros succès de Jean Cocteau, un chef-d’œuvre du symbolisme et, avec Orphée, son film internationalement le plus connu. Il s’agit de son second long métrage en tant que réalisateur, après Le sang d’un poète (1930). 

L’entre-deux-guerres devait être pour Jean Cocteau, au faîte de sa gloire, une période d’intense créativité, placée sous le signe de l’avant-garde. Il collabora avec des musiciens tels Erik Satie (Parade, 1917) et Darius Milhaud, comme avec des peintres célèbres. Il témoigna dans son écriture d’une égale curiosité, s’essayant à la poésie d’inspiration futuriste, dadaïste ou cubiste. Il occupa également une grand place dans le théâtre, avec notamment La Voix humaine (1930), La Machine infernale (1934), Les Parents terribles (1938), Les Monstres sacrés (1940), L’Aigle à deux têtes (1946). Enfin, le cinéma devait à son tour attirer Jean Cocteau, qui donna au septième art des films et des scénarios marquants, parmi lesquels on citera Le Sang d’un poète (1930), L’Éternel retour (1943), La Belle et la Bête (1945), Les Parents terribles (1949), Orphée (1950), Le Testament d’Orphée (1960). Jean Cocteau fut élu à l’Académie française le 3 mars 1955.


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