Entre farce et mélodrame. Artiste au chômage, Madame Wang doit quitter Pékin et finit par revenir dans sa ville natale où elle devient pleureuse professionnelle lors des cérémonies funéraires.

Irrévérencieux et caustique …

* Mention spéciale du jury pour l'actrice Liao Qin, Festival de Cannes 2002.


Après une longue introduction, cette peinture de la vie provinciale doublée d'un beau portrait de femme fait tout l'intérêt de ce film du réalisateur du Protégé de madame Qing.

Une femme crie sur son mari, exige qu'il arrête de passer sa vie à jouer au mah-jong, lui interdit de réinviter ses amis qui enfument l'appartement et l'empêchent de dormir. C'est madame Wang, jolie petite brindille au caractère bien trempé, habillée à la pointe de la mode, débordant de rage de vivre. (...) Pragmatisme à tout crin, caractères durs comme de la pierre, violence symbolique d'une société de consommation en plein essor... Ces traits de la Chine actuelle ont largement été représentés par le cinéma chinois indépendant, et les premières scènes des Larmes de madame Wang laissent une impression de déjà vu. Mais l'intérêt du film est ailleurs. Auteur du très remarqué Le Protégé de madame Qing, Liu Bingjian signe ici le portrait inspiré d'une femme de son temps, propulsée au cœur d'une zone de conflits entre tradition et modernité. (...) Teintée d'une ironie grinçante, rythmée par des cérémonies funéraires hautes en couleur, cette seconde partie est la plus réussie du film. Après un premier essai improvisé qui lui vaut des insultes, la petite dame potasse le b-a-ba des rites funéraires et se remet en selle. Rapidement, plus un cortège ne se passe de ses services. Interprété avec sensibilité par Liao Qin, une chanteuse d'opéra dont c'est le premier rôle au cinéma, son personnage est toutefois loin d'être monolithique. Malgré un bel abattage, elle baisse parfois la garde, laisse une ombre furtive glisser sur son visage. Débordé par une sensibilité trop longtemps réprimée, le masque de dureté qu'elle arbore nuit et jour se fissure par endroits. Mieux que les vraies larmes qui inondent, de manière assez prévisible, la scène finale, ces moments en mode mineur expriment avec beaucoup de justesse la solitude de l'individu dans les sociétés modernes. Ce sont eux qui emportent le morceau. Isabelle Regnier, LeMonde.fr


Diplômé de l’École de Cinéma de Pékin, Liu Bingjian réalise en 1996 un premier film de fiction, La Grosse Pierre À Encre, dans lequel une vieille dame prend soin d’un tampon encreur antique de grande valeur, symbole d'une Chine ancestrale traditionnelle. Son second film est d’un genre tout différent : Le Protégé De Madame Qing (1999)  est une production indépendante qui porte un regard réaliste et comique sur l’homosexualité dans la société chinoise. Le Protégé de Madame Qing a été présenté dans une douzaine de Festivals internationaux, et récompensé par le Prix de la Fipresci au 52ème Festival International de Locarno.
Les Larmes De Madame Wang est son troisième film. Il a été présenté au Festival de Cannes 2002 dans la section Un Certain Regard et son actrice principale Liao Qin a reçu une Mention spéciale de la part du jury. Il a également été projeté dans d’importants festivals, notamment ceux de Toronto, Rotterdam, Vancouver, Pusan ou Nantes. Depuis, Liu Bingjian a réalisé Plastic Flowers en 2004 et The Back en 2008.


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