Séville, années 1920. Après une enfance difficile, une jeune femme échappe à sa marâtre. Amnésique, elle est recueillie par une troupe de six nains, gitans et toreros. Muet mais musical, noir et blanc profond, format carré et ibérique, un nouvel et brillant hommage au cinéma.

* 7 Prix Goya en 2013, Espagne : meilleur film, meilleur scénario original, meilleurs costumes, meilleure chanson, meilleure actrice, meilleure musique originale, meilleure révélation féminine.

Pablo Berger est un cinéaste original. Dans son premier film, Torremolinos 73, il racontait l'histoire (authentique) d'Alfredo ­López, réalisateur d'un unique et insolite film érotique dans l'Espagne puritaine des années 1970. Avec Blanca­nieves, il revisite Blanche-Neige en version noir et blanc, muette, le situant dans le milieu de la tauromachie, dans les années 1920. Un pari réussi dans la forme, magnifique, et dans le fond, captivant. Le cinéaste connaît ses classiques et les outils du muet : quand la foule se dirige vers l'arène où le grand Antonio Villalta, futur papa de Blanche-Neige, va toréer, on se croirait dans une fresque de D.W Griffith : plans carrés, très larges, puis gros plans, très expressionnistes, sur les visages. On ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec The Artist, qui paraît du coup un peu scolaire, avec son parti pris de faire du muet simplement pour rendre hommage au muet. Pablo Berger réinvente Blanche-Neige. Le conte devient un drame de la jalousie, où les corps sont difformes et les femmes, de sublimes objets de désir plus ou moins pervers...Et puis, il y a les cheveux (obsession buñuélienne) de l'héroïne, longuement peignés par sa grand-mère quand elle est enfant, et, plus tard, continuant à pousser dans la tombe, sous le regard énamouré d'un des sept nains — minitoreros et forains qui semblent sortis de Freaks, de Tod Browning. Autant de références qui n'empêchent pas le film d'être d'une étonnante actualité : pourquoi l'odieuse belle-mère jalouse-t-elle sa belle-fille ? Pas pour sa beauté, mais parce qu'en devenant une grande torera à son tour, elle lui pique la une d'un magazine... Guillemette Odicino. Télérama.fr


Né à Bilbao en 1963, Pablo Berger fait ses débuts dans le monde du cinéma en 1988 avec son court-métrage Mamá. Les prix qu'il remporte avec ce travail lui permettent d'obtenir, en 1990, une bourse avec laquelle il suit un master de réalisation cinématographique à la Tisch School of Arts de l'université de New York. Pendant son séjour aux États-Unis, il dirige le court-métrage Truth and Beauty, qui sera nominé aux prix Emmy. De retour en Espagne, il réalise son premier long métrage de fiction en 2003, Torremolinos 73, qui remporte un grand succès dans de nombreux festivals internationaux. Son deuxième film, Blanche-Neige, tourné en noir et blanc et muet, n'arrivera que huit ans plus tard. Un travail qui lui rapportera entre autres dix prix Goya en 2013, y compris celui du meilleur film.


Retrouvez en suivant ce lien un autre film de Pablo Berger disponible en DVD dans les médiathèques.

Retrouvez en suivant ce lien des films de la sélection Visions du cinéma ibérique disponibles en DVD dans les médiathèques.



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