Huit mois après la disparition accidentelle de leur fils, Becca et Howie redonnent peu à peu un sens à leur vie. Howie tente de nouvelles expériences tandis que Becca préfère couper les ponts avec une famille trop envahissante. Contre toute attente, elle se rapproche du jeune homme responsable de la mort de leur enfant. Cette relation étrange va permettre à Becca d'être enfin en paix avec elle-même.

Sobriété de la forme, retenue dans le propos, une chronique sur le deuil subtilement jouée par un beau couple d'acteurs.


Dans La Chambre du fils, de Nanni Moretti, un couple perdait son enfant, et le cinéaste en arrivait in extremis à une interrogation terrible : une famille en deuil doit-elle se disperser pour survivre ? Rabbit Hole tourne d'emblée autour de cette question. Becca et Howie ont vu leur enfant unique se faire renverser par une voiture. Huit mois plus tard, ils fuient toujours leurs voisins, restent en porte-à-faux avec famille et collègues, cherchent désespérément leurs marques, et d'abord l'un avec l'autre. Ces variations élégantes sur le chagrin et ses phases successives, avec pointes d'humour incidentes, sont d'abord une partition pour des acteurs. Nicole Kidman l'investit passionnément mais sobrement et dégage un malaise subtil, entre exaspération et larmes ravalées. La subversion modeste attachée à cette héroïne (athée, attirée par l'enfant qui a causé l'accident) n'a rien à voir avec les deux premiers films très « queer » de John Cameron Mitchell, Hedwig and the angry inch et Shortbus. Sa signature, c'est plutôt son hyper attention à ce qui circule, ou ne circule plus, entre les deux personnages. Le mari veut absolument garder les affaires et le chien du défunt. Elle veut tout liquider, jusqu'à la maison. Ils ne se comprennent plus, peuvent à peine se parler. Et, pourtant, ils sont liés. Avec cette image persistante de la femme et de l'époux évitant de se regarder en face, mais demeurant côte à côte, le film de deuil devient une réflexion élégiaque sur le couple. Louis Guichard. Télérama.fr

L’ancien cinéaste extravagant (...) se met au défi d’un cinéma dépouillé et minimaliste pour évoquer le drame et la tentative (impossible ?) de reconstruction familiale après l’accident tragique. Cette évocation de la douleur post-mortem est douce-amère, étirée au rythme du cinéma indépendant dit d’auteur, mais riche d’une force émotionnelle qui évite le pathos et l’emphase mélodramatique. La puissance du jeu des comédiens donne chair à la douleur de leurs personnages, qu’elle soit sourde, réprimée, ou exprimée de façon névrotique. (...) Dans ces approches différentes pour surmonter la perte du fils où chacun agit à sa manière sans réussir à se faire comprendre de l’autre, la communication perdue pourrait bien revenir avec l’intrusion inattendue d’un troisième personnage, celle de l’adolescent qui a accidentellement renversé leur enfant. Interprété par Miles Terner, loin des stéréotypes teen-ager du cinéma contemporain, le jeune homme est la part de fantaisie commune à tous les films de John Cameron Mitchell. Son malaise palpable et son expérience tragique qui lui a ôté sa naïveté juvénile, le conduisent à exprimer sa douleur à travers une bande-dessinée, The rabbit Hole, à laquelle on participe à la création, tout au long du film. Un bel ouvrage aux couleurs de vie qui va raviver l’espoir des protagonistes. A travers les cris et les non-dits, les souffrances réprimées et les tentatives veines de faire face à la perte la plus redoutée, le film de Cameron Mitchell dépasse les attentes trouvant la sérénité dans le désespoir, sans jamais être trop démonstratif, y compris dans ses quelques élans fantaisistes mentionnés précédemment. Ignoré par l’académie des Oscar (Kidman avait toutefois été nominée), Rabbit Hole n’est pas un spectacle aisé, mais dans ses tourments et cette volonté d’apaisement, le film offre une expérience rare et remarquable. On en ressort ému, pas très loin d’être bouleversé, sans cette désagréable impression d’avoir été pris au piège par ces formules faciles que l’on exècre. AvoirAlire.com


Élevé dans une culture catholique et militaire stricte, le jeune John Cameron Mitchell s'émancipe très vite au contact de l'écriture et de la comédie. Du milieu des années 1980 jusqu'au début des années 2000, il multiplie les petites apparitions à l'écran tout en griffonnant des pages de scénarios qu'il rêve de voir transposer sur pellicule. Ne faisant pas mystère de son homosexualité et sa fascination pour les choses du sexe en général, John Cameron Mitchell se révèle en 2001 avec le déjanté Hedwig and the Angry Inch, long métrage qu'il réalise, écrit et dont il tient le rôle principal. Primé à Sundance, Grand Prix du Jury à Cannes, le film impose une personnalité hors du commun qui mettra alors cinq longues années à confirmer. Après avoir produit l'ovni Tarnation en 2004, John Cameron Mitchell signe son grand retour cinématographique en 2006 avec le sulfureux Shortbus, comédie qui traite du sexe de manière drôle, intelligente et émouvante.

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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.