Adapté du roman policier La Maison du lys tigré de Ruth Rendell. Dans ce "fenêtres sur cour" qui se déroule dans un petit immeuble parisien, tout un monde hétéroclite gravite, s'aime, s'observe sans toujours se voir. C'est là que vit Valentin, jeune homme mélancolique, charmant, partagé entre sa maîtresse au tempérament insatiable, les trois jeunes filles du cinquième étage qui tournent autour de lui, une gardienne démonstrative et une belle Chinoise dont la présence dans la maison d'en-face l'intrigue et le fait rêver. A quoi pense-t-il ? Que dissimule-t-il ? Que cherche-t-il ? L'esprit enjoué et décalé, cher au cinéaste, fait toujours mouche, dans un cinéma emprunt de nostalgie.

Inédit en DVD dans les médiathèques.

Pascal Thomas, dilettante allergique à tout formatage, continue de faire du cinéma comme on flâne. Voici donc comment une vague histoire de crime sur la personne d'un jeune homme rêveur — Valentin — devient le prétexte à un retour buissonnier dans le passé, autour d'un petit immeuble d'un Paris qui n'est plus, où les locataires se croisent, se parlent, ne s'apprécient pas toujours, mais sont curieux de ce qui se passe chez le voisin. Valentin (Vincent Rottiers, tout en finesse, à contre-emploi de ses rôles plus rudes), dévoué, avenant et séduisant sans le vouloir, est celui qui suscite le plus d'appétence. Outre sa maîtresse sexuellement très gourmande (Marie Gillain), trois jeunes filles fantasment secrètement sur lui qui a l'air ailleurs et qui regarde bien souvent du côté de la mystérieuse maison en face où vit une non moins mystérieuse vénus chinoise.

Autour de Valentin gravitent une flopée de personnages qui disent les joies et les petites misères de la vie de quartier. Une boit-sans-soif éperdue qui lit du Cioran (Geraldine Chaplin), un cocu violent mais plein d'esprit (Louis-Do de Lencquesaing), une mère diva à l'égocentrisme pleinement assumé (Arielle Dombasle)... La galerie de portraits est volontiers pittoresque, chaque acteur composant avec un plaisir communicatif. L'intrigue policière ? Pascal Thomas s'en moque un peu. Ce qui l'intéresse, c'est la comédie très humaine avec sa part de chagrin, de vie plus ou moins ratée, de croyance malgré tout dans un certain art de la civilité. Jacques Morice, Télérama.fr, 2015.


Pascal Thomas est un réalisateur et scénariste français né en 1945. Sa passion pour le cinéma naît aux côtés de Roland Duval, scénariste, avec lequel il monte un ciné-club à leur adolescence. Il écrit pour des revues de cinéma et travaille comme journaliste. En 1971, il écrit son premier scénario dont est issu le court-métrage Le Poème de l'élève Mikovsky. Changement de format en 1972 avec Les Zozos. Véritable autobiographie, il met en scène les échecs amoureux de sa période adolescente. Jusqu'au début des années 80, Pascal Thomas étoffe sa filmographie avec Pleure pas la bouche pleine (1973), Le Chaud Lapin (1974) et Celles qu'on n'a pas eues (1981). S'ensuit une longue période où le réalisateur arpente les plateaux de spots publicitaires avant un nouveau succès cinématographique, La Dilettante (1999). En 2005, il réalise une première adaptation d'Agatha Christie, Mon petit doigt m'a dit, avec Catherine Frot et André Dussollier. Deux ans plus tard, il poursuit avec L'Heure zéro où l'on retrouve Laura Smet, Chiara Mastroianni et Melvil Poupaud. Entre les deux , il tourne Le grand appartement dans lequel Laetitia Casta, Mathieu Amalric et Pierre Arditi sont colocataires et où il fait une courte apparition. En 2008 sort la comédie noire Le crime est notre affaire. Suivent en 2010 Ensemble nous allons vivre une très très grande histoire d'amour..., Associés contre le crime...  en 2012 et Valentin Valentin en 2014. Un nouveau long-métrage est annoncé pour 2019 : A cause des filles... et des garçons ?!

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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.