A la fin de l'année 1956 et en 1957, ce sont les premières images tournées caméra au poing dans les maquis de l'ALN (Armée de Libération Nationale) en Algérie. Ces images de guerre prises dans les Aurès-Nementchas sont destinées à être la base d'un dialogue entre Français et Algériens pour la paix en Algérie, en montrant l'existence d'une organisation armée proche du peuple.

Trois versions d'Algérie en flammes sont réalisées par René Vautier : française, allemande et arabe. Dès la fin du montage, les copies en dix-sept langues circulent sans aucune coupure à travers le monde, excepté en France, où la première projection a lieu en Sorbonne occupée en 1968. Certaines images se retrouveront dans d'autres de ses films et dans des films de réalisateurs algériens.


Né en 1928 dans le Finistère, René Vautier s’engage dans le maquis à l’âge de 16 ans puis intègre l’IDHEC à la Libération. En 1950, il tourne Afrique 50, considéré aujourd’hui comme le premier film anti-colonial français. Ce film lui vaut treize inculpations et une condamnation à un an de prison. Il tourne Les anneaux d'or en 1956, court-métrage de fiction qui reçoit l'Ours d'argent au Festival de Berlin, avec Claudia Cardinale pour la première fois devant une caméra. En 1957, il part en Algérie filmer la guerre d’Indépendance du côté des Algériens, installé dans le maquis du FLN. De ce tournage où René Vautier est blessé à trois reprises naît Algérie en flammes. Il fonde en 1962 le Centre audiovisuel d'Alger qu'il dirige jusqu'en 1965, participant ainsi à la formation de toute une génération de réalisateurs algériens. Il crée aussi les "ciné pops", les ciné-clubs populaires. De retour en France, il participe au Groupe Medvedkine et fonde en 1970 l'UPCB, l'Unité de Production Cinématographique Bretagne. En 1972, il écrit, produit et réalise Avoir 20 ans dans les Aurès, qui obtient le Prix de la critique internationale à Cannes. Un an plus tard, pour protester contre le refus de la délivrance du visa d’exploitation pour un film de Jacques Panijel consacré au massacre du 17 octobre 1961 à Paris, il entame une grève de la faim qui dure 31 jours. Elle sera victorieuse : le gouvernement français modifie la loi et supprime la censure cinématographique pour critères politiques. Il poursuivra sa carrière de cinéaste engagé avec entre autres, Quand tu disais, Valéry (1975), Frontline (1976), Quand les femmes ont pris la colère (1977) réalisé avec sa femme Soazig Chappedelaine, Marée noire et colère rouge (1978), Déjà le sang de Mai ensemençait Novembre (1982), À propos de… l'autre détail (1984), Et le mot frère et le mot camarade (1995), … . Il est mort en 2015 à 86 ans.


La vie de René Vautier pourrait se résumer à autant d’années de résistance cinématographique. Rebelle et militant, il s’est toujours efforcé de mettre « l’image et le son à disposition de celles et ceux à qui les pouvoirs établis les refusent ». Et ce n’est pas sans risques qu’il a combattu avec sa caméra citoyenne pour témoigner des luttes de son époque et toujours tenter d’établir un dialogue en image. Cliquez ici pour en savoir plus sur sa vie et son oeuvre.

Ici d'autres films réalisés par René Vautier disponibles en DVD dans les médiathèques.

Ici des films sur René Vautier disponibles en DVD dans les médiathèques.


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