Rome, novembre 1975. Le dernier jour de la vie de Pier Paolo Pasolini. Sur le point d’achever son chef-d’œuvre, il poursuit sa critique impitoyable de la classe dirigeante au péril de sa vie. Ses déclarations sont scandaleuses, ses films persécutés par les censeurs. Pasolini va passer ses dernières heures avec sa mère adorée, puis avec ses amis proches avant de partir, au volant de son Alfa Romeo, à la quête d’une aventure dans la cité éternelle. Formidable opus et vertigineuse mise en abyme.

Scandaliser est un droit, être scandalisé un plaisir : les mots de Pier Paolo Pasolini peu avant sa mort résument la vie de cet intellectuel engagé et subversif dont les dernières heures sont racontées par Abel Ferrara.

La dernière journée de Pier Paolo Pasolini évoquée de façon habitée et stylée par un Ferrara très inspiré. Pier Paolo Pasolini est mort, battu à mort et écrasé par une voiture sur une plage d’Ostie, la nuit du 1er au 2 novembre 1975. Ce fait, le meurtre du poète, romancier, essayiste, polémiste et cinéaste le plus lucide et récalcitrant de sa génération (pour une fois, le terme de “rebelle” ne serait pas usurpé), demeure l’un des événements les plus tragiques et marquants de l’histoire de l’Italie de la seconde moitié du XXe siècle (il n’y a pas de mois sans de nouveaux rebondissements dans l’enquête – laquelle continue – sur les circonstances de sa mort, qui ne seront sans doute jamais élucidées). Pourquoi ? Parce que Pasolini dérangeait beaucoup de monde (y compris les milieux les plus à gauche – en 1968, il s’était par exemple rangé du côté des policiers, en disant que c’étaient eux les prolétaires, et non les étudiants…). Il avait autant d’ennemis que n’importe quel cadavre dans un roman d’Agatha Christie. Quels qu’en soient ses véritables auteurs, son assassinat est, symboliquement, un crime perpétré par un inconscient collectif, une société consumériste, bourgeoise, esclavagiste, préberlusconienne, prolongement du fascisme, qui rejetait tout ce qu’il incarnait : l’intelligence, la culture, la créativité, l’amour de la beauté, la révolte contre l’injustice sociale, la liberté sexuelle, la modernité. Abel Ferrara raconte la dernière journée de Pasolini. Très beau, son film se hisse à la hauteur de son modèle en ne sombrant pas dans le spectaculaire. La mort de Pier Paolo est filmée avec sobriété, sans effets, conformément aux connaissances actuelles sur la question. Et elle n’est pas au cœur du film, tout en s’y situant. (...) Jean-Baptiste Morain. Lesinrocks.com. Ici pour lire la suite de la critique des Inrocks.

Lorsqu’il débarque au Festival de Cannes en 1992, avec Bad Lieutenant, Abel Ferrara est immédiatement repéré par sa façon de bousculer le film de genre et de filmer des scènes de violence qui prennent le spectateur à rebrousse poil. Violents, torturés, explorant les côtés obscurs de l’âme humaine, les films d’Abel Ferrara lui ont valu une réputation sulfureuse tout autant qu’une image de réalisateur culte. On peut situer son œuvre au carrefour du cinéma d’auteur, de la production industrielle et de la contre-culture underground. Il commence par faire des films amateurs avec une caméra 8 mm entre New York et la banlieue où il passe sa jeunesse. Sa carrière débute réellement (sous le nom d’Abel Ferrara) en 1979 avec le film gore The Driller Killer, l’histoire d’un artiste new-yorkais underground. Il réalise ensuite New York, 2 Heures du matin en 1984 et part à Hollywood, réalisant des épisodes de Deux flics à Miami avant de revenir à New York et de s’y établir en tant que réalisateur indépendant. Avec les films China Girl ou Cat Chaser, il acquiert une réputation certaine, devenant réalisateur culte pour un grand nombre de cinéphiles. Cette notoriété lui permet de décrocher de plus gros budgets et de réaliser des œuvres qui scelleront définitivement son succès. En 1990, il réalise The King of New York avec Christopher Walken, et en 1992 son film le plus célèbre, l’histoire d’un flic drogué, alcoolique, enquêtant sur le viol d’une religieuse : Bad Lieutenant, avec Harvey Keitel. Durant les années 90, Abel Ferrara réalise presque un film par an. Après Snake Eyes (1993) il tourne Body Snatchers. Puis, l’année suivante il réalise un film de gangsters basé dans les années 30, Nos funérailles. En 1998, New Rose Hotel reçoit l’éloge des critiques (la Cinémathèque française classant même le film comme l'un des plus grands de l’histoire du cinéma). En 2012 sort 4h44, derniers jours sur terre, qui montre les derniers instants d'un couple avant la fin du monde. En 2014, Abel Ferrara a consacré un film aux dernières heures de la vie de l'écrivain et réalisateur Pier Paolo Pasolini.


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