Une petite île au large de la Sicile, à proximité de l'Afrique. Filippo, sa mère et son grand-père n'arrivent plus à vivre de l'activité traditionnelle de la pêche. L'été arrivant, ils décident de louer leur maison aux touristes, qui arrivent de plus en plus nombreux chaque année. Un jour, Filippo et son grand père sauvent des eaux un groupe de clandestins africains, malgré l'interdiction des autorités locales. Les familles de pêcheurs, jeunes et anciens, se confrontent alors sur l'attitude à tenir : faut-il les dénoncer aux autorités pour la quiétude des touristes ou respecter les valeurs morales de solidarité héritées du travail de la mer ?

* Grand Prix spécial du jury, Mostra de Venise, 2011.

Le cinéma italien compte peu de réalisateurs aussi singuliers et attachants qu'Emanuele Cria­lese. Toujours proche de ses racines siciliennes (le monde rural et celui de la mer), il a gardé de sa formation aux Etats-Unis un sens de l'image spectaculaire. Le voici de retour sur l'île de Lampedusa, où il avait tourné Respiro (2002), avec un sujet qui évoque plutôt Golden Door (2006), récit de l'exil des Italiens vers l'Amérique, au début du XXe siècle. Il s'agit cette fois de clandestins contemporains en provenance d'Afrique du Nord. Pour eux, Lampedusa devient la porte d'un nouveau monde qui s'appelle l'Europe.


Emanuele Crialese se réapproprie cette réalité vite expédiée dans les journaux télévisés à travers un film d'une grande beauté formelle. La première partie de Terraferma s'attache au quotidien d'une famille qui vit de plus en plus difficilement de la pêche et se reconvertit dans l'accueil des touristes. Quand le père sauve en mer des immigrés noirs dont le bateau a fait naufrage, il les recueille dans la maison familiale. Le film oppose alors deux catégories d'étrangers : les touristes blancs et riches, qui sont les bienvenus, et les clandestins noirs, traqués par la police. Des images fortes, mais presque trop symboliques, soulignent ce contraste : sur la plage où les corps blancs bronzent s'échouent des corps noirs ; un bateau croule sous les touristes, entassés comme des boat people, mais pour faire la fête.

Le film surprend davantage avec les scènes qui réunissent la mère de famille italienne et une jeune femme rescapée du naufrage des clandestins, qui va devenir mère elle aussi. Emanuele Crialese parvient à dire la force d'un lien humain contraire à la loi - qui interdit d'aider les réfugiés. Son discours a l'honnêteté de ne pas céder à la simplification. En montrant un monde déchiré, violent, Terraferma ne pointe aucune solution et suggère plutôt un sauve-qui-peut général, la nécessité de s'en sortir étant finalement la chose la mieux partagée au monde. Frédéric Strauss, Télérama.fr


Emanuele Crialese est un réalisateur, scénariste et producteur italien. En 1995, il sort diplômé du département cinéma de l'Université de New York. Il s'essaye à de nombreux courts-métrages (Heartless), puis, trois ans plus tard, il réalise son premier long en anglais, Once We Were Strangers. Le réalisateur y questionne la pertinence du rêve américain en cette fin de siècle. En 2002, Emanuele Crialese retourne dans son pays natal pour son second long métrage, Respiro, qui prend pour décor une petite île perdue au sud de la Sicile, Lampedusa. L'amour qu'il a pour son pays le conduit ensuite à réaliser Golden door, en 2007, une fable moderne qui se déroule une fois de plus en Sicile au début du vingtième siècle avec son acteur fétiche Vincenzo Amato, et également Charlotte Gainsbourg. 


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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.