Julie , 23 ans, Bac +5, les petits boulots...elle n'en veut plus. Elle cherche un vrai travail. Lors d'un entretien d'embauche, elle croise Ben, qui lui, a choisi de vivre au jour le jour d'expédients et de petits trafics. Il lui propose de venir passer l'été dans le Sud avec lui. Julie refuse, puis un jour, sur un coup de tête, plaque tout et part le rejoindre.

Le portrait effroyablement juste d'une jeunesse confrontée à la crise…

Anaïs Demoustier parvient à rendre émouvant et crédible ce personnage un peu fataliste, un peu maladroit, un peu opportuniste, qui se bat et encaisse beaucoup, et qui pourtant, progressivement, perd pied. Florence Maillard, Cahiers du Cinéma.

Le jeune cinéma d’Isabelle Czajka a des allures de fin de monde – très loin des fantasmes bohèmes que suggère le titre trompeur. Une manière un peu clandestine d’insinuer son pessimisme sourd dans des histoires classiques de middle class crisis ; de dévier ses chroniques naturalistes vers des motifs plus politiques. Dans son premier film, L’Année suivante, c’était l’image d’Anaïs Demoustier errant dans les allées d’une Fête de l’Huma déserte, en plein deuil de son père – fervent communiste – et de ses idées de révolution. Dans D’amour et d’eau fraîche, c’est le récit ordinaire de l’insertion d’une jeune diplômée dans l’enfer du travail. Une sorte de Rosetta du milieu, réminiscence de la figure des frères Dardenne dont elle partage le même appétit de revanche sociale, le même désir de “ne pas tomber”. En quelques séquences âpres, Isabelle Czajka dresse le portrait lo-fi de cette jeune fille en lutte, à laquelle la fidèle Anaïs Demoustier prête ses traits rageurs. Délesté de tout reflet psychologique, D’amour et d’eau fraîche se destinait a priori à suivre les rails confortables de la chronique réaliste (mise en scène quasi documentaire, narration vagabonde, etc.). Mais comme l’héroïne du film, licenciée et contrainte à l’errance, le récit glisse brusquement à la marge. En écho au premier drame (intime) qui se noue, c’est toute la mécanique oppressive d’un système économique qui se met à l’œuvre (on se souvient des contre-plongées sur un ciel bardé d’enseignes publicitaires dans L’Année suivante). Ici encore, quelque chose déborde du cadre : l’histoire se double d’une charge amère contre les dérives d’une société d’exploitation. Rien de neuf… Sauf qu’Isabelle Czajka a retenu la leçon de It’s a Free World! de Ken Loach, cette manière un peu désabusée de bousculer les lignes du cinéma social.  Ainsi ces plans désincarnés, très beaux, où Anaïs Demoustier se vautre in extenso dans la prostitution, reconduisant le schéma d’exploitation contre lequel elle luttait. Romain Blondeau. LesInrocks.com

Diplômée de l’École Nationale Supérieure Louis Lumière, Isabelle Czajka collabore pendant plusieurs années sur des projets cinématographiques comme cadreuse puis chef-opératrice. En 1998, elle réalise un documentaire sur l’angoisse de la maternité, Tout à Inventer. En 2002, son court-métrage La Cible est primé au festival international de Clermont-Ferrand. Elle passe au long métrage en 2007 avec l’Année Suivante. Ce film révèle Anaïs Demoustier et connaît également un franc succès avec un Léopard d’or au Festival de Toronto. Trois ans plus tard, Isabelle Czajka retrouve la jeune actrice pour son deuxième long, D’amour et d’Eau Fraîche. En 2013, elle réalise La Vie domestique, ou 24 heures dans la vie d’une femme au foyer et de ses voisines dans une banlieue résidentielle à trente kilomètres de Paris... où Isabelle Czajka réussit un précis du quotidien féminin aussi drôle qu’angoissant. 


Retrouvez d'autres films d'Isabelle Czajka disponibles en DVD dans les médiathèques.

    Retrouvez "au fil du parcours..." d'autres films, regards sur une jeunesse qui se cherche....

    En cours de chargement ...
    Ce film est interdit aux moins de 16 ans.