Des témoignages pour la recherche d’un nouvel ordre mondial, enfin à la hauteur des valeurs d’égalité et de fraternité prônées par notre société. On ne peut combattre la crise qui ronge notre économie avec les mêmes idées qui l’ont nourrie. Et si la décroissance était la réponse au retour à une vie prospère ? La Possibilité d’être humain propose une alternative à la société consumériste, le règne de l’argent et l’exploitation des travailleurs.

Un film engagé, qui redonne foi en l’humanité. En compagnie de militants, activistes, sociologues, philosophes, artistes, d’hommes qui témoignent, dans leurs environnements, de leurs conceptions de la société postmoderne.

La démarche qui lie nos documentaires débute dès notre association, Pablo et moi, avec notre premier travail commun, Underground, en 2006 : comment rendre compte de la réalité ? Affirmation doublée, lors de notre décision d’entreprendre Sous les pavés, la terre en 2007, notre premier documentaire avec visa d’exploitation, par ce constat : “Faudrait peut-être qu’on change de vie”. Ainsi, nous réalisons depuis des films aidant à la compréhension du réel d’une part et suggérant des pistes pour le modifier d’autre part. En fait, il s’agit du rôle traditionnellement assigné, de façon implicite, aux films documentaires que l’on dit “engagés”, un terme qui nous barbe. Dès que l’on saisit une caméra se pose la question de ce que l’on va filmer, du comment, et enfin du pourquoi et nous dirions que c’est ce “pourquoi” qui est plus prégnant dans le cinéma “engagé”. Nous avons bien réfléchi aux buts et subordonnons le tournage, le montage, l’esthétique même à ce but. Ainsi se dégage une cohérence où le fond appelle la forme la plus adéquate. Dans le cinéma “non engagé” c’est le quoi et le comment qui priment. (...) Disons alors que nous sommes des transgressifs. (...) Ce qui lie nos films, en définitive, c’est l’amour du genre humain, pour ce que nous faisons, pour le public : en élevant modestement son niveau de conscience parce que nous avons élevé le notre au cours du tournage.(...) Il est temps de filmer le réel dans le cinéma de fiction et d’affirmer que tout documentaire présente un faux-réel, car il est une construction. Nos films documentaires sont construits avec soin – Pablo Girault est maître d’œuvre en la matière – afin de refléter ce que Teilhard de Chardin nommait, une noosphère, sorte de ‘bulle’ d’idées variées qui, faisant système, appelle vers un autre horizon, horizon suffisamment large pour que chaque spectateur conquis la fasse sienne, mais à son aune. La Révolution commence dans la tête de chacun, en abandonnant le miroir à images-kaléidoscope des médias dominants pour trouver du global qui fasse sens dans son local : sa persona, sa famille, ses voisins, ses amis, son quartier ou canton qui regardera d’un œil neuf sa tribu ou son peuple, sa nation et in fine, sa planète. On peut encore avoir la foi du charbonnier et, comme Depardon, choisir le moment et le lieu pour se dire « Je pose ma caméra et j’attends de voir ce qui se passe ». C’est le documentaire du réel rêvé, mais ni le temps nécessaire ni son coût n’auraient l’heur de plaire aux sociétés productrices dominantes : le temps court, l’ubiquité dénoncés par Paul Virilio tuerait ce cinéma là. Et pourtant, nous avons les moyens techniques de faire voir des morceaux du Monde qui soient, à la fois, le village intérieur et environnant des êtres et le ‘village global’. Les dix dernières minutes de La Possibilité d’être humain l’illustrent de façon convaincante. Ce sera notre conclusion. Entretien avec Thierry Kruger et Pablo Girault. Cédric Lépine. Mediapart.fr. Pour lire l'entretien dans son intégralité

Pour en savoir plus sur le film : Dossier Brut Productions


Historiens de formation, curieux de tout, Thierry Kruger (Nantes) et Pablo Girault (Angers) sont « monteur-reporter » et « auteur-réalisateur » de films documentaires. Thierry Kruger débute par des films underground : surréaliste, fantastique, expérimentaux avec des amis dans le théâtre et la musique, avant de devenir « petit reporter militant ». A la fac, il rencontre Pablo Girault, qui deviendra cameraman et régisseur, avec qui il s’associe pour filmer le mouvement contre le CPE. Leur travail est alors repéré par un producteur et avec Brut Productions, ils sortiront les films Sous les pavés, la Terre en 2009 et  La possibilité d’être humain en 2013. En 2011, ils trouvent un distributeur DVD, Montparnasse Editions qui sortira leur deux films successivement en 2012 et 2014. Leur prochain film Demokratia devrait trouver un distributeur en salles. Ces films ont en commun d’être citoyens et de participer à la réflexion sur la refondation d’une nouvelle société. Demokratia est un documentaire citoyen sur le projet d'aéroport à  Notre-Dame-des-Landes, et qui explore comment les élus de la République et les journalistes peuvent servir les citoyens et non leurs intérêts propres ou des intérêts privés , et comment fonder ensemble une vraie démocratie. 


Retrouvez un autre film de Pablo Girault et Thierry Kruger disponible en DVD dans les médiathèques

Retrouvez les films de la sélection Caméras de l'environnement disponibles en DVD dans les médiathèques

Retrouvez les films de la sélection Caméras de la mondialisation disponibles en DVD dans les médiathèques


Retrouvez " au fil du parcours..." d'autres films autour de questionnements citoyens d'actualité...

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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.