Un policier, fier de son appartenance à une unité anti-terroriste israélienne, se retrouve confronté à ses propres démons alors qu'il affronte un groupe ultra-violent et radical.

* Prix spécial du jury international , Festival du Film de Locarno, 2011.

Thriller tiré au cordeau doublé d'une réflexion en prise avec l'actualité.

Il a un corps superbe. Il l'aime. Il admire son reflet dans le miroir, avec son bébé dans les bras. Yaron est flic, et pas n'importe lequel : membre d'une unité antiterroriste israélienne. Un héros. Un gladiateur moderne. D'ailleurs, ses potes, avec qui il fraternise sans cesse à coups d'embrassades viriles, il les appelle les « combattants »... Shira, Nathanael et les autres combattent, eux aussi : pas contre l'ennemi arabe mais contre leurs pères, qui ont fait d'Israël, disent-ils, un État de « maîtres et [d']esclaves ». Le pays le plus inégalitaire de tout le monde occidental : « Il est temps pour les pauvres de devenir riches et pour les riches, de mourir. » Ce sont des indignés, des « justes » à la Camus, qui, comme les personnages de sa pièce, aiment moins « la vie que la justice, qui est au-dessus de la vie »...On le sait, le cinéma israélien est audacieux et insolent. Dans Beaufort, Joseph Cedar réfléchissait sur l'utilité de l'armée. Dans Lebanon, Samuel Maoz enfermait des soldats dans un char de combat : huis clos spectaculaire. Nadav Lapid, philosophe, journaliste sportif, romancier et cinéaste débutant, per­pétue cette veine contestatrice qu'il dévoie par l'intrusion d'un humour presque noir, d'une ironie glacée qui finit par rendre dérisoire l'héroïsme affiché par ses (faux) héros. Car soudain, les « combattants », auxquels Yaron est si fier d'appartenir, se découvrent tout démunis devant l'un des leurs, rongé par la maladie... Ce pote, ils l'observent, d'ailleurs, avec une gêne incrédule, une angoisse où se devine même un soupçon de ressentiment. D'une certaine façon, il a laissé l'ennemi envahir son corps. Il a abîmé la belle mécani­que. Comme s'il avait trahi... Puisqu'il est fichu, autant en profiter : cet être affaibli assumera, devant les autorités, la responsabilité d'une bavure dont s'est rendue coupable la brigade. Une bavure avec mort d'enfant...Les révolutionnaires ne sont guère plus vaillants : passionnés mais vulnérables, ils sont à l'image de leur chef, un archange, fragile au point de devoir s'al­lon­ger face à ses camarades pour éviter l'évanouissement... Le cinéaste observe ces deux camps adverses — les pas si forts et les presque faibles — avec minutie. Yaron le flic et Shira l'idéaliste sont filmés au plus près, com­me si le cinéaste voulait surpren­dre sur leurs visages, si jeunes, si résolus, l'ombre d'un doute qui rendrait leur confrontation impossible. En vain, bien sûr. L'affrontement survient, lors d'une noce de riches, filmée avec un sens aigu de l'absurde qui vire à la tragédie un brin ridicule... Le Policier dévoile cet Israël-là, acculé dans une impasse, entre haine de l'autre et dégoût de soi. Pierre Murat. Télérama.fr


Nadav Lapid est un réalisateur et écrivain israélien né à Tel-Aviv en 1975. Né dans une famille d'artistes, Nadav Lapid a suivi des études d'histoire et de philosophie. Il a travaillé comme journaliste sportif avant d'entreprendre sa carrière cinématographique. Après avoir tourné trois courts métrages au cours de ses études à l'école de cinéma Sam Spiegel, il est sélectionné en 2008 à la résidence de la Cinéfondation du Festival de Cannes : il écrit le scénario de son premier long métrage Le Policier , au cours de ce séjour, qui sera primé à Locarno et dans de nombreux festivals internationaux. Son deuxième film, L’Institutrice, sort en 2014, quelques mois après sa sélection à la Semaine de la Critique à Cannes. Son court-métrage, Pourquoi ? est en compétition à la Berlinale 2015.


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