Premier film du cinéaste colombien William Vega. Fuyant la violence armée qui lui a fait perdre ses êtres les plus chers, Alicia atterrit à La Sirga, une auberge lacustre appartenant à Oscar, le seul membre de sa famille encore vivant. Là, elle tente de se reconstruire. Mais le retour de Freddy, le fils qu’Oscar a attendu pendant des années, et son possible lien avec cette guerre sans nom, ravive les craintes d’Alicia. 


Que montrer quand tout se disloque ? Comment évoquer un pays, la Colombie, ravagé par une guerre civile sans fin, des trafics, des razzias et des massacres ? Cette violence, le réalisateur William Vega a choisi de l'aborder en creux, quand règne encore le calme lourd et tendu d'avant l'orage... Des orages, il en éclate beaucoup dans cette région lacustre que l'eau et la boue se disputent. L'humidité s'infiltre dans chaque plan, embue les regards à travers les hublots des embarcations, pourrit les planches de La Sirga, branlante auberge sur pilotis. L'endroit craque comme un bateau qui approche de la tempête. Les sons et les sensations priment dans cette chronique sans musique. C'est l'histoire d'un bref répit, après une saison en enfer. La Sirga, c'est le refuge d'Alicia, une jeune fille qui a fui la destruction de son village, l'assassinat de ses parents. D'elle, on saura peu choses : son énergie à survivre, à se faire une place auprès du maître des lieux, un oncle bourru qu'elle connaît à peine. Le jour, elle s'active, répare le toit, cuisine, bricole et se tait. La nuit, elle erre, somnambule, pieds nus dans la terre détrempée... Tout est ainsi suggéré, effleuré. Le traumatisme d'Alicia et la guerre qui, insidieusement, se rapproche : quelques armes cachées, le retour d'un cousin mystérieux et particulièrement nerveux...La Sirga est un lieu étrange, une frontière inquiétante entre réalisme documentaire et conte noir. D'une beauté vénéneuse, la nature semble vouloir étouffer et noyer les hommes : forêt fantomatique de plantes hérissées par le vent, bouquets d'herbes circulant à la surface de l'eau comme le dos d'un monstre marécageux... Perdue dans un tel décor, Alicia pourrait sortir de l'imagination des frères Grimm. Mais elle reste l'enfant maltraitée, mal-aimée et meurtrie d'un monde bien réel. Cécile Mury. Télérama.fr


Diplômé de l'Université de Valle (Colombie) en communication sociale et journalisme, William Vega s'est ensuite spécialisé dans l'écriture de scénario à l'École d'Art et Spectacle de Madrid. Professeur à l'université, il travaille également pour le cinéma et la télévision en tant que réalisateur, scénariste et assistant réalisateur.


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