Le Paris des années 1920. Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d'opéra. Depuis des années, elle chante régulièrement devant son cercle d'habitués. Mais Marguerite chante tragiquement faux, et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l'ont toujours entretenue dans ses illusions. Tout se complique le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public, à l'Opéra. Film librement inspiré de la vie de la cantatrice américaine Florence Foster Jenkins.

* 4 Césars, 2016 (meilleure actrice, meilleur son, meilleurs costumes et meilleurs décors).

* 3 Prix Lumières, 2016 (meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario).

* Meilleur film étranger en coproduction, Magritte, 2016.

Marguerite chante faux. Elle ne le sait pas, puisqu’elle ne s’entend pas. Mais, depuis des années, lors de concerts privés qu’elle organise dans sa propriété, elle massacre obstinément Mozart, Purcell et Bellini. Marguerite est riche. Très riche. Son mari ne l’a épousée que pour ça. Et si tous les membres de son cercle musical supportent avec héroïsme ses piaillements, c’est parce qu’elle les fait vivre…

Tous sont impuissants face à cette femme dont la candeur — feinte ou réelle — ne fait que refléter leur propre bassesse. En fait, c’est Lola Montès, la célèbre héroïne de Max Ophuls, qu’évoque Marguerite : les deux femmes qui s’exhibent, l’une dans un cirque, l’autre sur une scène. « Plus haut, Lola, plus haut », exige, à chaque représentation, le patron du cirque d’Ophuls. « Plus faux, Marguerite, plus faux », semblent demander, entre deux rires, les spectateurs de Giannoli.

Durant sa carrière, le cinéaste n’a fait que s’interroger sur l’imposture et la célébrité. Dans A l’origine, un escroc aux abois (François Cluzet) se dépassait pour redonner confiance à ceux qu’il avait voulu duper. Dans Superstar, un anonyme (Kad Merad) devenait l’idole d’anonymes qui le rejetaient aussi vite qu’ils l’avaient adulé. Avec Marguerite, c’est le jeu qui l’emporte. Il est sinueux. Et vertigineux. Pierre Murat, Télérama.fr, 2015.

 Xavier Giannoli est un réalisateur, scénariste et producteur français né en 1972. Après des études de Lettres, il est un temps journaliste avant de travailler sur des tournages comme assistant metteur en scène. En 1993, il réalise son premier court métrage Le condamné avec Philippe Léotard et Christine Boisson, adapté d'une nouvelle de Jean-Paul Dubois. En 1995, il met en scène J'aime beaucoup ce que vous faites avec Mathilde Seigner, Dialogue au sommet avec François Cluzet, et surtout L'Interview (1998), qui remporte la Palme d'Or du court métrage à Cannes ainsi qu'un César. Porté par Mathieu Amalric, ce film suit la difficile journée d'un journaliste chargé d'interviewer l'actrice Ava Gardner.

Après la réalisation d'un film documentaire intitulé L'Oeil humain, qui s'apparente à une tentative d'analyse du film A nos amours de Maurice Pialat, Xavier Giannoli passe le cap du long en signant en 2003 Les Corps impatients, un drame porté par Laura Smet et Nicolas Duvauchelle. Il retrouve ce dernier deux ans plus tard dans Une aventure, et met en scène l'année suivante Cécile de France et Gérard Depardieu dans Quand j'étais chanteur, sélectionné à Cannes, tout comme A l'origine en 2009. 

Producteur associé du deuxième film de Valérie Donzelli, La Guerre est déclarée en 2011, Xavier Giannoli revient à la réalisation l'année suivante avec Superstar. Dans cette adaptation du roman de Serge Joncour, il dirige Kad Merad et Cécile De France. En 2015 sort Marguerite, puis L'apparition en 2018, avec Vincent Lindon.

Retrouvez les films de Xavier Giannoli disponibles en DVD dans les médiathèques.

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Ce film est interdit aux moins de 12 ans.