Berlin, au lendemain de la guerre. Edmund, âgé de douze ans, essaie de faire vivre sa famille à l’aide de petits trafics. Au cours d’une de ses errances dans la ville détruite, il rencontre un de ses anciens professeurs, ex-nazi, qui lui rappelle les principes d'Hitler sur l'élimination des faibles. Edmund, sans mesurer la portée de son geste, décide alors d'empoisonner son père malade.


Allemagne année zéro 
est le troisième volet d’un ensemble communément appelé « trilogie de la guerre » dans l’œuvre de Rossellini et qui comprend Rome, ville ouverte (1945) et Paisà (1946). Ces films marquent une rupture capitale non seulement dans la carrière de Rossellini mais aussi dans toute l’histoire du cinéma. Considérés comme l’acte de naissance du néoréalisme, cette trilogie constitue également une date clé de la modernité cinématographique. Rossellini décide de remettre en question les principes esthétiques du cinéma et sa fabrication devant la catastrophe morale que représentent la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences sur les populations européennes. Si les deux premiers films étaient des récits choraux, volontairement fragmentaires, qui entendaient restituer la réalité de l’Italie durant l’occupation allemande puis la libération par les forces alliées par la multiplicité des points de vue et des destinées humaines, Allemagne année zéro adopte un parti-pris opposé. Il s’agit au contraire de raconter un pays vaincu, et une ville en ruine, à travers le regard d’un enfant de douze ans, à la fois témoin et victime d’un désastre provoqué par les adultes. Fidèle à son approche documentaire, Rossellini tourne dans les décombres de Berlin dans l’après-guerre, et capte la misère d’un peuple obligé à se livrer au marché noir et à la prostitution pour survivre. Les images au début du film d’un cheval mort dépecé en pleine rue par des berlinois ne s’oublient pas. Ce qui va suivre non plus. Rossellini montre que les résidus pervers du nazisme, cachés dans les ruines, continuent de distiller leur venin dans la jeunesse allemande tandis que le pays, anéanti par la folie meurtrière du IIIème Reich, peine à se reconstruire. Après avoir filmé la résistance et la libération dans Rome ville ouverte et Paisà, Rossellini s’intéresse aux séquelles morales et matérielles de la guerre. Il ne s’agit pas de stigmatiser un pays vaincu mais de constater l’héritage terrible légué aux générations futures. Ce constat pessimiste annonce Europe 51, autre œuvre majeure de Rossellini, dans laquelle une nouvelle fois un enfant commet un geste radical pour échapper à un monde sans amour ni espoir. Olivier Père. Arte.tv

Après la libération de Rome, Roberto Rossellini, qui s'est lié d'amitié avec Federico Fellini, rencontre le succès grâce à Rome, ville ouverte (1945) et à Paisà (1946), les films phares du néoréalisme naissant. Témoignant de la souffrance d'un peuple humilié, ils expriment un message d'espoir et de fraternité sous la forme sèche du constat social. Avec des moyens de fortune, des interprètes non professionnels mêlés à des acteurs chevronnés, Aldo Fabrizi, Anna Magnani, réduits eux-mêmes à un quasi-anonymat, et surtout grâce à un immense amour de la terre italienne, Rossellini se hausse d'un coup au premier rang des cinéastes de sa génération.


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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.