Le tout premier film saoudien, écrit et réalisé par une femme. Wadjda a 10 ans et un caractère bien trempé. Pleine de vie, téméraire, elle peine à obéir aux principes rigides et conservateurs de sa famille, installée en banlieue de Riyad. Un jour, la petite fille découvre, au détour d'une rue, un vélo vert flamboyant à vendre. Dès ce moment, elle n'a plus qu'une obsession : acheter le vélo et s'en servir pour battre son ami Abdullah à la course. Wadjda ne parvient pourtant pas à convaincre sa mère, qui craint le regard des autres. Les bicyclettes sont en effet réservées aux hommes. La fillette, loin d'être dissuadée par les réticences de sa famille, décide alors de gagner l'argent nécessaire pour obtenir le fameux vélo.


Wadjda est très finement écrit, (...) les acteurs et actrices sont au diapason. Wadjda est un excellent film. Pour l'Arabie Saoudite, mais plus encore pour la cause féminine et pour le cinéma, ce coup d'essai est un coup de maître. Serge Kaganski, Les Inrockuptibles, 2013.

Elle se distingue des autres filles, avec ses longs cheveux et son front décidé. Déjà grande pour son âge, elle écoute du rock avec un casque, porte des jeans et des baskets qu'elle barbouille au feutre noir. Banal ? Pas vraiment, car nous sommes en Arabie saoudite, dans une banlieue de la capitale, Riyad. Autant dire que le rappel des principes, à la maison comme à l'école coranique, Wadjda est la première à les entendre et les subir. Un jour, en jouant avec Abdallah, un garçon qu'elle aime bien, elle se met en tête de vouloir, comme lui, un vélo. Même si la bicyclette pour les femmes, c'est réprouvé dans son pays... De ce pays, peu de films nous parviennent. Surtout signés par une femme. C'est une première, de fait, pour la réalisatrice, qui étonne par son aplomb tranquille, à l'image de son héroïne, qui sait obtenir ce qu'elle veut. Par son récit tout simple, mais riche de détours inattendus, son aspect de fable réaliste, Wadjda rappelle les premiers films iraniens d'Abbas Kiarostami. On y découvre la vie d'une école, l'enseignement des versets chantés du Coran, les différentes règles concernant le port du voile. Et, à travers la maman de Wadjda, ce que peut être l'existence d'une mère de famille qui travaille, ses problèmes de transport, ses rapports compliqués avec son mari, lequel convoite une seconde épouse. Haifaa Al-Mansour égratigne au passage le fondamentalisme et la polygamie, sans les dénoncer vraiment. Plus doux qu'un réquisitoire, son film encourage l'indépendance de la femme comme le droit à la différence. Et avec humour : le concours de récitation ­coranique où Wadjda annonce qu'elle veut un vélo est un joli pied de nez. Le film est sensible et intense. A l'image de cette séquence où l'héroïne, de ­retour de l'école, marche dans les rues et aperçoit, soudain, au-dessus d'un mur, telle une apparition, ce magnifique vélo vert qui semble voler. En ­vérité, il est fixé sur une camionnette qui roule. Et Wadjda de courir après, comme on poursuit un rêve... Jacques Morice, Télérama.fr


Haifaa Al-Mansour est réalisatrice, scénariste, monteuse et productrice saoudienne. Née en 1974, elle a étudié la littérature anglaise comparée à l'Université américaine du Caire dont elle sort diplômée en 1997, avant de suivre des cours de cinéma en Australie, où elle passe un Master à l'Université de Sydney. Son premier long métrage Wadjda (2012), est aussi le premier film long-métrage réalisé par une femme en Arabie Saoudite. Ce film a été sélectionné à la section Horizons du Festival de Venise 2012, en Première Mondiale.


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Ce film est accessible pour un public entre 16 et 99 ans.