Le Paradise est un cabaret chic de gogo danseuses situé dans le sud de Manhattan. Une usine à rêves dirigée par Ray Ruby, impresario éminemment charismatique, assisté par ses vieux compères et une bande de personnages pittoresques. Malheureusement, tout ne va pas pour le mieux au Paradise : les danseuses menacent Ray d'une grève, qui doit également affronter la colère de la propriétaire des lieux bien décidée à les expulser. Ray tente sa chance à la loterie...

Inédit dans les médiathèques.

Entre la description des ennuis financiers du gérant de la boite et la peinture facétieuse de la faune qui fréquente cet endroit, Ferrara livre un film pudiquement autobiographique, peuplé de souvenirs et de rêves perdus, qui traite de la difficulté à subsister dans le monde du spectacle. (...) Ce songe d’un lieu idyllique de perdition sans cesse reconduit appartient autant à l’idéalisme de Ferrara, par sa pugnacité à tracer contre vents et marées son propre sillon cinématographique même dans le plus extrême dénuement financier, qu’à ses personnages qui, de la suite luxueuse du King of New York au New Rose Hotel, se lovent dans des cocons à l’envers bien souvent cauchemardesque, comme soumis à une fatalité qu’ils ont eux-mêmes déclenchée. Dans la splendide ouverture de Go Go Tales, Ray Ruby est un homme allongé dans le canapé de son bureau, rêvant éveillé au son d’une musique céleste de la splendeur de son entreprise, qu’il tente par tous les moyens de maintenir à flots. (...) Ferrara déploie sa mise en scène sur un principe de circulation entre les différentes strates du cabaret (la scène/la salle/les coulisses), s’organisant autour des déplacements des nombreux personnages, ainsi que par la recherche du ticket gagnant de loterie perdu dans l’une des « planques à fric » de l’établissement. Le fonctionnement marginal du club est ainsi démonté comme une mécanique dont les rouages sont essentiellement constitués par l’humain, et donne l’occasion à Ferrara de brosser toute une galerie de personnages. Car c’est aussi le bel enjeu du film, que de réussir à recueillir les trajectoires de chacun et leurs petites histoires personnelles, dont le fond anecdotique constitue la judicieuse cohérence de la narration. L’utilisation du plan-séquence y trouve une place harmonieuse, articulant dans le même champ les différents niveaux du récit afin de réussir à saisir l’élan de poésie décadente du lieu. (...) Julien Marsa, Critikat.com


 Lorsqu’il débarque au Festival de Cannes en 1992, avec Bad Lieutenant, Abel Ferrara est immédiatement repéré par sa façon de bousculer le film de genre et de filmer des scènes de violence qui prennent le spectateur à rebrousse poil. Violents, torturés, explorant les côtés obscurs de l’âme humaine, les films d’Abel Ferrara lui ont valu une réputation sulfureuse tout autant qu’une image de réalisateur culte. On peut situer son œuvre au carrefour du cinéma d’auteur, de la production industrielle et de la contre-culture underground. Il commence par faire des films amateurs avec une caméra 8 mm entre New York et la banlieue où il passe sa jeunesse. Sa carrière débute réellement (sous le nom d’Abel Ferrara) en 1979 avec le film gore The Driller Killer, l’histoire d’un artiste new-yorkais underground. Il réalise ensuite New York, 2 Heures du matin en 1984 et part à Hollywood, réalisant des épisodes de Deux flics à Miami avant de revenir à New York et de s’y établir en tant que réalisateur indépendant. Avec les films China Girl ou Cat Chaser, il acquiert une réputation certaine, devenant réalisateur culte pour un grand nombre de cinéphiles. Cette notoriété lui permet de décrocher de plus gros budgets et de réaliser des œuvres qui scelleront définitivement son succès. En 1990, il réalise The King of New York avec Christopher Walken, et en 1992 son film le plus célèbre, l’histoire d’un flic drogué, alcoolique, enquêtant sur le viol d’une religieuse : Bad Lieutenant, avec Harvey Keitel. Durant les années 90, Abel Ferrara réalise presque un film par an. Après Snake Eyes (1993) il tourne Body Snatchers. Puis, l’année suivante il réalise un film de gangsters basé dans les années 30, Nos funérailles. En 1998, New Rose Hotel reçoit l’éloge des critiques (la Cinémathèque française classant même le film comme l'un des plus grands de l’histoire du cinéma). En 2012 sort 4h44, derniers jours sur terre, qui montre les derniers instants d'un couple avant la fin du monde. En 2014, Abel Ferrara a consacré un film aux dernières heures de la vie de l'écrivain et réalisateur Pier Paolo Pasolini.

Retrouvez ici d'autres films réalisés par Abel Ferrara disponibles en DVD dans les médiathèques.

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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.