Quand Dane et son petit frère Lucas quittent New York pour suivre leur mère dans la petite ville de Bensonville, ils pensent que rien ne pourrait être pire. Mais tout va changer lorsque Lucas, en explorant les recoins de leur nouvelle maison, découvre dans la cave un mystérieux trou sous une trappe verrouillée. Alors qu’ils font différentes expériences pour savoir jusqu’où il va, ils s’aperçoivent avec effroi que le trou semble continuer sans fin. C’est le début d’une aventure qui va les obliger à affronter leurs peurs les plus enfouies... Un film fantastique aussi tendre que flippant.

Le concept du film n’est rien moins qu’une illustration littérale de Nietzsche : lorsque tu regardes l’abysse, l’abysse te scrute à ton tour. Dante établit clairement ce rapport étrange dès la découverte de la trappe. Avec ses champs/contrechamps et plongée/contre-plongée, on ne sait plus qui regarde qui. Est-ce que ce sont les personnages qui regardent les ténèbres impénétrables du trou ou sont-ce lesdits ténèbres qui les regardent ? Avec des compositions de plans vertigineuses, Dante installe le trouble de manière brillante. Celui-ci culmine lorsque les personnages envoient une caméra au fond du trou. En visionnant la cassette, ils ne voient que des formes indistinctes. Alors qu’ils discutent avec leur mère en tournant le dos à l’écran, ils laissent courir l’enregistrement. Un œil apparaît alors dans le téléviseur donnant l’impression terrifiante que, sans s’en rendre compte, les personnages sont scrutés en permanence. (...) Cette expression des peurs intérieures permet ainsi d’approfondir la caractérisation des personnages et tout particulièrement de son héros. En dépit de l’emballage fantastique, ses névroses donnent au film un tour étonnamment sordide. En ce sens, Dante joue habilement sur le contexte de l’histoire. courte-focale-fr

Venu de la série B et des productions Roger Corman, Joe Dante a incarné une mutation du cinéma américain à partir des années 1980. Épouvante et créatures imaginaires, mondes enfantins et contes cauchemardesques, humour et frayeur caractérisent une filmographie dont les grands titres (Gremlins, Explorers, Small Soldiers) témoignent aussi d'un regard politique caustique sur l'Amérique contemporaine. Le cinéma de Joe Dante représente de façon exemplaire un monde de l'enfance dénué de toute illusion, une enfance travaillée par une rage hilare et par toutes sortes de mauvaises pulsions, sans doute typique d'un moment de l'Amérique durant lequel une forme de pop culture cinématographique se mêlait à un désenchantement des temps. Un moment où tout autant l'innocence classique que la promesse d'un renouveau se dissolvaient progressivement dans la brutalité d'une Histoire sans pitié. (...) Lire la suite de l'article de la Cinémathèque française sur le cinéma de Joe Dante

Avec John Carpenter, Joe Dante représente sans doute l'autre grande figure du cinéma fantastique des années 70-80. Débordant encore un peu sur la décennie 90, sa carrière s'est, hélas, injustement ralentie avec le nouveau siècle. Comme si l'univers artisanal, original et toujours politiquement ironique de ce dingue de cinéma old school, ancien disciple du producteur mythique Roger Corman, ne trouvait plus sa place dans un cinéma hollywoodien toujours plus gigantesque et porté sur les franchises tout public. Ex-binôme garnement de Steven Spielberg, qui produisit le plus gros succès de toute sa carrière, Gremlins, en 1984, Joe Dante compte à son actif une soixantaine de réalisations allant de The Movie Orgy en 1968 à The Man with the kaleidoscope en 2020, en passant par Gremlins en 1984, L'aventure intérieure en 1987, Gremlins 2 en 1990, Small Soldiers en 1998, The Hole en 2009...

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Ce film est interdit aux moins de 12 ans.
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