Danemark, mai 1945. La guerre est finie mais pas pour tout le monde. De très jeunes soldats allemands sont désignés, sur proposition de la Grande-Bretagne, pour déminer la côte ouest du Danemark où se trouvent, parfois à fleur de sable, deux millions de mines placées par l’Allemagne nazie le long de cette portion du mur de l’Atlantique. Formé à la va-vite, sans équipements de protection, simplement munis d’une baguette, ils sondent centimètre par centimètre ce terrain où la moitié d’entre eux vont mourir en violation de l’article 31 de la convention de Genève. À partir de faits peu connus, Martin Zandvliet livre un beau plaidoyer humaniste. Les Fiches du cinéma

* Oscar du Meilleur film étranger 2015

Une charge explosive, un détonateur sensible à la pression : en plus d’être l’expression la plus abjecte du génie humain, les mines sont de formidables génératrices de suspense. Et de ce point de vue, le réalisateur danois Martin Zandvliet s’en sert avec virtuosité. Les Oubliés, qui met en scène l’ordalie infligée à un peloton de très jeunes prisonniers de guerre allemands, chargés de déminer une plage danoise à l’été 1945, est un spectacle qui épuisera les nerfs des plus solides. Il est d’autant plus convaincant que les tons passés de l’image de la cheffe opératrice Camilla Hjelm empruntent leur palette aux films colorisés qui rappellent régulièrement le souvenir de la seconde guerre mondiale sur les antennes, et que les uniformes disparates des jeunes prisonniers semblent avoir fait la campagne d’Allemagne. Cette habileté accroît encore le malaise que suscite Les Oubliés, qui tient beaucoup plus aux partis pris du scénariste qu’à ceux du réalisateur, qui se trouvent être une seule et même personne. En quelques séquences éprouvantes (un sous-officier danois passe à tabac un prisonnier de guerre allemand, un adolescent en uniforme de la Wehrmacht échoue mortellement à son épreuve pratique de déminage), Martin Zandvliet construit un univers clos dans lequel de très jeunes gens sont exposés à la mort par une hiérarchie militaire indifférente à leur survie. Les enjeux dramatiques du film restent simples : le sergent Rasmussen (Roland Moller) prendra-t-il conscience de l’humanité de sa jeune troupe ? Les membres du peloton survivront-ils à l’épreuve ? lemonde.fr

> Lire le dossier pédagogique consacré au film sur le site Transmettrelecinéma.com.

Né en 1971 à Fredericia, au Danemark, Martin Zandvliet est réalisateur et scénariste autodidacte. Il a fait ses débuts comme monteur de documentaires. Son premier film comme réalisateur, Angels of Brooklyn, a obtenu le Danish Film Award du meilleur film documentaire et a été sélectionné dans plusieurs festivals comme Toronto et Nyons. Après plusieurs courts métrages, il signe son premier long métrage en 2009, Applause, avec Paprika Steen. Il réalise ensuite A funny man, avec Nikolaj Lie Kaas. Il refait équipe avec le producteur Mikael Rieks pour Les oubliés.

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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.