Dessins réalisés à la main en noir et blanc, puis scannés et colorés par ordinateur. Yeux noirs, cheveux noirs, mèche rebelle. On l'appelle le Kid. L'adolescent a grandi entre les murs d'un sinistre orphelinat de Cornouailles, où l'on traite les enfants comme des forçats (nous sommes au début du XIXe siècle). Il rêve de prendre le large à la barre d'un navire pirate, comme le redoutable Black Mór, dont son maître d'étude lui conte en cachette les aventures. Un jour, le Kid récupère un morceau de parchemin tombé du livre de Black Mór. Il représente une carte. Celle d'une île au trésor ?

Une envoûtante invitation au voyage, sorte de rêverie marine au graphisme raffiné.


L'adolescent rêveur ira au bout de sa quête. Après avoir fui l'orphelinat, le voici pirate à bord du bien nommé Fortune, un superbe voilier dérobé aux garde-côtes, en compagnie de deux pilleurs d'épaves, d'un déserteur, d'un babouin et d'un moinillon au charme ambigu. Le voici sillonnant les parallèles, se jouant de la mort et du brouillard, affrontant traîtres, tempêtes, négriers, fantômes et éruptions volcaniques avec une inconscience nonchalante. Sans fracas ni fureur. Car aussi palpitantes que soient les aventures du Kid, aussi saisissante la découverte de ses origines, aussi allègres les morceaux de bravoure, il règne sur L'Ile de Black Mór un climat d'une atlantique et bienveillante langueur. Plus que la conquête d'un trésor, c'est le voyage qui compte. Le récit de Jean-François Laguionie est d'abord une vision, une rêverie marine. Mélancolie des gris de la Cornouailles, tendresse des ocres, des bleus, des prunes au large. Tout ici est beau et caressant : les ciels mouvants, le balancement des roseaux sur la grève, le souffle du vent dans la voilure du Fortune... Et les sentiments. On n'oubliera pas la très jolie scène d'amour dans les hautes herbes de l'île au trésor, inattendue dans un dessin animé, d'une douce intensité. Isabelle Fajardo. Télérama.fr, 2008


Jean-François Laguionie se passionne dès l’enfance pour le dessin. Après des études aux Arts Appliqués et à la Rue Blanche, il rencontre Paul Grimault, qui l’initie à l’animation, et dont il va partager l’atelier pendant près de dix ans. Là, il va concevoir en artisan solitaire ses courts métrages. Le succès en festivals est à chaque fois au rendez-vous, jusqu’à la Palme d’Or du Court Métrage au Festival de Cannes pour La Traversée de l’Atlantique à la rame. En 1979, las de travailler seul, il se lance dans la grande aventure du long métrage avec Gwen, le livre de sable. Cinq ans sont nécessaires à la petite équipe installée dans une ancienne filature, La Fabrique, pour achever le film. Puis, Laguionie réalise Le Château des singes, un film beaucoup plus ambitieux et grand public que le précédent. Il enchaînera immédiatement avec L’Ile de Black Mor, adapté de son propre roman. Plus récemment, Jean-François Laguionie a réalisé le Tableau, film d'animation qui nous fait voyager dans le monde de l'art, au sein d'une peinture inachevée où règne une drôle de lutte des classes entre des personnages plus ou moins terminés.


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