A Wismar, les habitants meurent par centaines d’un mal présumé être la peste. Cette hécatombe est en fait l’œuvre du vampire Dracula qui vient de s’établir dans une maison abandonnée de la ville. Personne ne peut enrayer l’épidémie, mais Lucy est prête à tout sacrifier pour venir à bout du monstre, au lever du jour. Un hommage appuyé au film de Murnau, dont Werner Herzog était admiratif. Des plans d'une grande beauté et une symbolique forte, Dracula représentant Hitler, et les rats ses acolytes nazis.


C'est évidemment parce qu'il admire le chef-d’œuvre de Murnau que Werner Herzog, toujours en quête de défi, s'attache à en tourner une nouvelle version : certains plans du film, lui aussi d'une grande beauté, sont décalqués de l'original et l'on sent une volonté manifeste de jouer à fond sur l'expressionnisme des origines. Même si Herzog le moraliste imprime sa patte avec talent, et intègre avec intelligence les signes de son temps. (...) Gérard Pangon, Télérama hors série, Le guide du cinéma chez soi.

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Les films de vampires ont fait les beaux jours de la série B, mais aussi les riches heures du cinéma d'auteur. Dès 1922, Murnau montrait l'exemple avec un Nosferatu qui allait marquer pour toujours l'histoire du septième art. Un tel monument méritait bien d'être revisité : c'est Werner Herzog, un compatriote, qui s'en chargea, avec bonheur. Toujours caché au fond de la Transylvanie, son comte Dracula est un maudit qui voudrait aimer. Tombé amoureux d'une femme dont il a vu le portrait, il quitte son château pour la rejoindre, répandant la peste derrière lui. Werner Herzog a parfaitement su tenir à distance le folklore du genre : ail, crucifix, hosties prophylactiques et autres grigris ne sont ici qu'accessoires. L'essentiel, ce sont les visages, qui redeviennent de véritables icônes, sacralisés comme au temps du cinéma muet. Celui de Nosferatu est le plus étrange, tirant son pouvoir d'effroi de la laideur de son interprète, Klaus Kinski, qui savait se défigurer. Isabelle Adjani, elle, interprète la beauté absolue, presque irréelle, capable de damner un vampire. Pâle et fantomatique, ou lumineuse comme une apparition, elle porte toute la dimension picturale et impressionniste du film. « Vous pouvez tenir pour assuré que même l'inconcevable ne me désarçonnera pas », dit-elle à Dracula. Et on est comme lui : sidéré. Frédéric Strauss. Télérama.fr


Animé d'une ambition et d'une démesure sans bornes, Werner Herzog creuse un sillon particulièrement original. D'abord affecté au nouveau cinéma allemand dans les années 1970, ses collaborations avec Klaus Kinski (l'imposant Aguirre) puis ses projets fous aux quatre coins du monde (l'errance démiurgique de Fitzcarraldo, la carrière hollywoodienne) en font un des personnages le plus fou et le plus génial du cinéma mondial. Indépendant forcené, animé d'une passion quasi-démiurgique pour le septième art, il réalise son premier long-métrage, Signes de vie, en 1968, et remporte l'Ours d'Argent à Berlin. Aux côtés de Fassbinder, Schlöndorff et d'autres, il est alors très vite désigné comme un des tenants du Nouveau cinéma allemand, courant avec lequel il n'entretient pourtant que peu de relations. Ainsi, Aguirre, La Colère de dieu, fresque mythique et panthéiste lui vaut une reconnaissance internationale  mais l'isole de ses compatriotes. C'est le début d'une première période de "Kinski-film" où Werner Herzog, malgré la tension qui existe avec l'acteur, tourne plusieurs films avec lui : Woyzeck (1979), Nosferatu, fantôme de la nuit (1979), Fitzcarraldo. Régulièrement primé à Cannes et ailleurs, Werner Herzog entame ensuite une vie de globe-trotter du cinéma tournant en Afrique avec Fata morgana, au Pérou pour Fitzcarraldo, en Australie avec Le pays où rêvent les fourmis vertes ou encore en Colombie et au Ghana avec Cobra verde. Il est également l'auteur de films documentaires remarquables, Ennemis intimes, consacré à ses relations avec Kinski, Grizzly man, terrible portrait d'un homme dévoré par les ours qu'ils défendaient, ou encore La Grotte des rêves perdus, film sur la grotte Chauvet en Ardèche.


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