Les derniers jours du peintre Van Gogh venu se faire soigner chez le docteur Gachet à Auvers-sur-Oise. Terribles derniers jours partagés entre une création intensive, des amours malheureuses et surtout le désespoir.

* César du meilleur acteur pour Jacques Dutronc, 1992.

Un chef-d'œuvre de Maurice Pialat, dominé par l'interprétation de Jacques Dutronc.


Ce Van Gogh enivre, tourmente, apaise. Il vous tombe dessus sans prévenir, telle la trappe qui s'abat sur le pied de Mme Ravoux, la logeuse de l'artiste... Portrait tumultueux de l'artiste et possible autoportrait de Pialat (peintre dans sa jeunesse), l’œuvre évite toute vision lyrique de la création. Seul un plan fugitif enregistre le geste nerveux de l'homme sur la toile. Pour le reste, ce ne sont que des fragments bruts d'une existence gâchée, où le doute et le remords succèdent violemment aux moments d'enthousiasme. Pialat rejoint la peinture, mais avec son outil à lui, le cinéma. Aux torsions des toiles, il répond par des blocs de séquences entrechoqués. A la croisée du naturalisme et de l'impressionnisme, il laisse la part belle aux paysages, aux corps féminins, aux gens du peuple. Et, bien sûr, à Jacques Dutronc. Visage émacié, dos courbé, l'acteur fait de Van Gogh un homme tourmenté, absent, à contretemps. Un être qui meurt épuisé, sans bruit. Jacques Morice. Télérama.fr


Après la guerre, Maurice Pialat se tourne vers la peinture et fréquente pendant plusieurs années l'École des arts décoratifs et celle des Beaux-Arts de Paris. En 1960, il commence à travailler comme assistant sur des tournages pour le cinéma et la télévision et réalise L'amour existe, un court métrage documentaire qui sera primé au festival de Venise et obtiendra le Prix Louis-Delluc. En 1969, L'enfance nue propulse Pialat sur le devant de la scène. A partir de son troisième film, Nous ne vieillirons pas ensemble, sélectionné au Festival de Cannes, en 1972, et couronné par le prix d'interprétation masculine de Jean Yanne, il se consacre entièrement au cinéma. Loulou (1980), qui conte l'adultère d'une petite bourgeoise attirée par la marginalité d'un loubard scelle la rencontre de Maurice Pialat et Gérard DepardieuA nos amours (1983) est son premier grand succès public. En 1985, Maurice Pialat réalise Police (1985), anatomie d'un commissariat de quartier dans lequel un inspecteur de police est confronté au doute  ; Sous le soleil de Satan (1987) d'après l'œuvre de Georges Bernanos, évoque le combat spirituel, la quête d'absolu d'un humble curé de village. Il faut attendre 1991 pour découvrir Van Gogh, vision d'un réalisateur-peintre sur un artiste en décalage avec son temps. Les images sont somptueuses, la construction narrative d'une grande intelligence. Quant au jeu acéré de Jacques Dutronc, il lui vaudra le César 1992 du meilleur acteur.

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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.