Un train. Deux inconnus. Des échanges de regards, le cœur qui bat. Le regarder partir ou s’offrir au temps de l’aventure ? Et si la vie d’Alix basculait.

Film d'atmosphère qui décortique les mécanismes du désir et le combat entre la raison et la passion.


Ne pas croire que c'est le temps de l'aventure comme dans les chansons, comme il y a le temps des copains. Non, le temps dont parle ce film se compte en heures, en minutes, en secondes. C'est du présent chronométré, presque du temps réel. Telle situation met l'héroïne dans tel état, qui la pousse à tel acte... Concrètement, Alix, la quarantaine, commence la journée, aux aurores, dans un TGV, direction Paris. Entre deux micro-sommeils, elle ne peut résister à un jeu de regards, comme seul le train le permet, avec un homme assis quelques rangées plus loin. L'attirance s'installe, d'autant plus forte que rien ne paraît possible. A l'arrivée en gare, elle apprend par hasard où se rend l'inconnu. Fin de la parenthèse. Une idée simple, magnifiquement exploitée, hisse vite ce cinquième film de Jérôme Bonnell au-dessus des précédents (du Chignon d'Olga à La Dame de trèfle) : Alix est comédienne. « Pas pour la gloire », dira-t-elle. Plutôt, on le devine, parce qu'elle aspire de tout son être à la fiction, au romanesque. Ce matin-là, spécialement, la réalité ne suffit pas. Son compagnon parisien est injoignable. L'audition qu'elle passe pour un rôle dans un film la fait se sentir minable : non seulement l'homme qui la juge lui donne très mal la réplique, mais, en plus, elle doit jouer une pauvre fille à la porte de chez elle. Or, cruelle mise en abyme, Alix se retrouve elle-même sans téléphone et avec une carte Bleue hors service. Autant dire toute nue. L'autre idée lumineuse de Jérôme Bonnell, c'est d'avoir choisi Emmanuelle Devos, actrice qui fuit le naturel et le réalisme pour offrir à la caméra, à tout moment, de subtiles reconstructions d'elle-même, toujours captivantes. (...) Ces vingt-quatre heures dans la vie d'une femme bien d'aujourd'hui ne cessent jamais d'être une course, un suspense mental et physique : la réussite du film est là. Vu la force de vie d'Alix — ou d'Emmanuelle Devos —, le temps de l'aventure, si doux soit-il, est peut-être avant tout celui de la régénération. Le timing final est donné par la perspective d'une nouvelle représentation théâtrale, en province, le soir même. Tic-tac, l'heure du dernier TGV approche... Cette fois, il faudra vraiment choisir entre vivre ou jouer. Louis Guichard. Télérama.fr


Après des études de cinéma à l'Université Paris 8, Jérôme Bonnell fait ses premières armes en réalisant des courts-métrages. À seulement 23 ans, il met en scène son premier long-métrage, Le Chignon D'Olga, comédie douce-amère sur une famille en deuil, honorée au Festival international du film de Chicago. En 2005, son film Les Yeux Clairs remporte le prix Jean Vigo. Deux ans plus tard, il réalise J'Attends Quelqu'Un avec Jean-Pierre Darroussin, Emmanuelle Devos et Florence Loiret-Caille. C'est avec deux de ces comédiens fétiches, Jean-Pierre Darroussin et Florence Loiret-Caille, qu'il réalisera en 2010 le film La Dame De Trèfle. Trois ans plus tard, il met en scène Emmanuelle Devos et Gabriel Byrne dans Le Temps De L'Aventure avant de s'attaquer au sujet épineux du ménage à trois dans le très beau film À Trois, On Y Va avec Anaïs Demoustier, Felix Moati et Sophie Verbeeck.


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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.