À Marseille, un groupe de citoyens tente de changer les règles du jeu de la consommation en créant un supermarché coopératif. L’idée : proposer des produits de qualité à des prix plus bas que ceux de la grande distribution, dans un modèle coopératif, où chaque membre donne trois heures de travail par mois pour pouvoir participer à l’aventure. En suivant pendant un an et demi les démarches et les difficultés des animateurs du mouvement, basé sur une gouvernance horizontale, Bienvenue chez Super Cafoutch dévoile, de l’intérieur, la genèse d’un nouveau lieu de consommation éthique et responsable.

Partout en France, des projets similaires se développent. La fronde contre la grande distribution s'organise.

Le nom de ce projet, Super Cafoutch est rigolo, mais le projet, lui, est très sérieux. Un cafoutch, en Provence, c'est un cagibi, un débarras, un endroit où l'on stocke de tout et de rien. Le mot vient de l'occitan cafoucho, synonyme de cahute. Nicolas Bole, le réalisateur du film documentaire, a suivi pendant plusieurs mois les centaines de bénévoles marseillais qui essaient de changer les règles du jeu de la consommation. Leur supermarché n'existe pas encore, ils cherchent un local, mais ils ont ouvert une épicerie test en 2018, un mini cafoutch. L'idée, c'est d'éviter la grande distribution et ses marges trop élevées. Privilégier des produits de qualité, éthiques, locaux, pas toujours forcément bio. Garantir la traçabilité. Donner la priorité aux petits producteurs. Le tout pour des prix abordables. Et la condition, pour y faire ses courses, c'est de se relever les manches : chacun doit  travailler trois heures par mois : tenir la caisse, réceptionner les livraisons, mettre les produits en rayon, etc. Le client est aussi employé du magasin, en quelques sortes. Des magasins similaires, il en existe un peu partout en France. Une quarantaine au total, à différent degrés d'avancement du projet. Celui qui marche le mieux, c'est "la Louve", à Paris. Tous n'ont pas exactement la même politique, notamment sur le choix des produits. Et justement, ce qui est passionnant dans ce film documentaire, c'est qu'il montre les discussions, les désaccords au sein des créateurs de Super Cafoutch. C'est une structure coopérative (une personne une voix), on discute de tout. Faut-il privilégier la qualité irréprochable des produits ou l'ouverture au plus grand nombre ? Chaque produit en rayon peut donner lieu à un débat. Confiture bio mais dont les fraises viennent du Maroc ou confiture locale pas bio? Et les chewing-gums biodégradables mais infects, est-ce qu'on continue à les vendre? Des questions, aucune certitude, et chacun y trouvera matière à réflexion : c'est la grande force de ce film documentaire. Dorothée Barba. franceinter.fr

Nicolas Bole est coordinateur général du festival des États généraux du film documentaire à Lussas et journaliste et co-animateur du Blog Documentaire, revue de références sur les arts documentaires. Auteur de Le webdoc existe-t-il ? un livre récapitulatif sur le genre, en collaboration avec Cédric Mal. Il assure la veille et l’analyse de ce secteur, plus particulièrement de celui du webdocumentaire. En 2012, après un premier film sur le geste professionnel du projectionniste réalisé au cinéma L’Alhambra à Marseille, il coréalise fin 2012 le webdocumentaire Sout Al Shabab, la voix des jeunesEn parallèle, il assure des formations sur le webdocumentaire, pour des universités ou des centres de formations.

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Ce film est interdit aux moins de 12 ans.