C’est l’histoire de celles et ceux qui veillent les migrants oubliés. Plus de 20 000 personnes sont mortes en Méditerranée depuis 2014 selon l'Organisation Internationale pour les Migrations. 20 000 noms, dilués, et autant de familles brisées. Que deviennent ces morts ? Qui les nomme ? Comment font les mères, les frères, pour tenter de retrouver leurs disparus ? "Numéro 387" nous emmène dans cette quête de l’identité et de la dignité.

Un sweat-shirt à capuche, des photos de famille, de maigres ossements… et une lettre d’amour. Quelques fragments de vie dans une boîte à l’institut de médecine légale de Milan. Tout ce qui reste du « Numéro 387 », migrant mort au large des côtes libyennes le 18 avril 2015. Englouti comme huit cents autres dans le naufrage le plus meurtrier qu’ait connu la Méditerranée depuis la Seconde Guerre mondiale. Face au silence et à l’oubli, une poignée de scientifiques et d’humanitaires s’attellent à rendre une identité aux morts sans nom et sans visage.
Une quête patiente et laborieuse dont témoigne ce film sensible. Des cimetières de Sicile aux villages du Mali ou de Mauritanie, d’où sont partis ceux qui rêvaient d’Europe, ces « détectives » opiniâtres œuvrent pour « redonner une dignité » aux disparus. « Notre civilisation se mesure à la façon dont nous traitons les morts ; honorer les morts, c’est servir les vivants », explique la chercheuse Giorgia Mirto, qui inventorie les tombes anonymes où sont enterrés les migrants dans le sud de l’Italie. Un bouleversant jeu de piste, avec ses fragiles indices arrachés à la mer : un permis de conduire, la carte SIM d’un téléphone. Ou cette poignante lettre d’amour retrouvée parmi les effets du « Numéro 387 ». Bribes d’existences qui disent les trajectoires brisées derrière les chiffres abstraits des morts en Méditerranée. 
Virginie Félix. Télérama.fr

Diplômée de Sciences Po en 2007, Madeleine Leroyer est journaliste, autrice et réalisatrice. Elle couvre l’actualité en tant que correspondante en Russie de 2008 à 2014 pour de nombreuses rédactions françaises et francophones. En 2013, elle coréalise avec Élise Menand, Russie, au cœur du Goulag moderne, qui reçoit une mention spéciale au FIGRA 2014. Après une formation aux Ateliers Varan en 2016, elle reçoit le Prix Scam-Anna Politkovskaïa au FIFF Créteil 2020 pour son premier long métrage documentaire, Numéro 387 – Disparu en Méditerranée.  1996, hold-up à Moscou, son second documentaire, est récompensé d’une Étoile de la Scam en 2022. Madeleine Leroyer a également publié Une vie de pintade à Moscou en 2012 chez Calmann-Lévy.

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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.