Dans une ville d’afrique du Sud où l’impact du cinéma hollywoodien a fait des adeptes, un groupe de voyous se soumet à des épreuves d’imitation de gestes fous, qu’ils ont pu voir dans les films d’action, en se faisant passer pour des vedettes comme Van Damme, Bruce Lee… Mais ils doivent faire face à la détermination d’un cinéaste consciencieux, qui cherche à s’attirer le soutien du gouvernement dans sa volonté de débarrasser le cinéma local de l’influence du cinéma hollywoodien.

Inédit en DVD dans les médiathèques.

* Prix du Meilleur Son au Fespaco (Burkina Faso), 1997.

Pour les 100 ans du cinéma en 1996, le British Film Institute avait commandé des films à des gros noms comme Scorsese, Bertolucci, Godard, Frears. Mais des jeunes cinéastes sont aussi interpellés. C’est le cas de Jean-Pierre Bekolo, un camerounais qui n’avait à son actif qu’une seule réalisation : Quartier Mozart. Refusant de se laisser impressionner par l’enjeu d’intégrer un cinéma africain relativement récent aux célébrations du Centenaire, Bekolo va réaliser un petit chef d’œuvre hybride, philosophique et drôle : Le Complot d'Aristote. Dans Le Complot, Jean-Pierre Bekolo poursuit sa quête d’un langage cinématographique en prise avec les réalités africaines. Pour en poser les bases, le réalisateur attaque à la dynamite, outrant les clichés pour mieux s’en débarrasser. Caricature de l’artiste maudit, donneur de leçon, parano et improductif, tout en idées et belles paroles, E.T. est une figure creuse de cinéaste. Il est de retour au pays après avoir tenté sa chance en Occident. Il est arc-bouté lui aussi, enfermé dans une vision figée de ce qui doit être vu comme cinéma en Afrique. Le vrai cinéma africain. Et il va livrer un combat sans merci contre Cinéma, qu’il considère comme son ennemi et qu’il veut virer du Cinéma Africa.

Le combat qui se mène entre ces deux réalités, c’est le film de Bekolo : une œuvre hybride, carnavalesque, vorace explosant les genres – film d’action, western, film politique, policier, comique, documentaire, film de zombie, etc. À la question du langage cinématographique, Bekolo répond par la profusion, ouvrant radicalement le champ des possibles. Il ne se laisse pas enfermer et propose des scènettes incroyablement bien vues reposant sur le décalage ou l’inversion, dignes du cinéma muet. Le tout reste très fluide, cohérent et divertissant. Même si pour brouiller plus encore les frontières entre réalité et fiction, Jean-Pierre Bekolo use de l’autofiction au moyen d’une voix-off qui oscille entre sérieux, ironie et délire narratif. (...) A côté des blockbusters US et cinéma africain caricatural du « village », Jean-Pierre Bekolo propose sa vision d’un cinéma africain moderne sans se prendre au sérieux, sans se croire exempt non plus de toute aliénation. Il garde le plaisir du jeu, pastichant ce qu’il dénonce, et façonne une grammaire d’avant-garde et populaire. M.L. – Cases Rebelles. Novembre 2013


Jean-Pierre Bekolo est né en 1966 à Yaoundé, au Cameroun. Il suit en 1988-89, une formation de monteur TV à l’INA. Sa carrière alterne entre les travaux de montage à la télévision camerounaise et la réalisation de courts métrages, Boyo, Un pauvre blanc, Mohawk people et de clips vidéo pour Les Têtes brûlées et Manu Dibango. Le complot d’Aristote est son deuxième long métrage.

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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.