Un jeune acteur qui rêve de jouer dans "Fast & Furious" se retrouve engagé dans le film de Cédric Rovère, monstre sacré du cinéma d'auteur. Les conditions du tournage ne sont pas tout à fait celles auxquelles il s'attendait… Mais le charme de sa partenaire et la bienveillance du maître vont faire naître en lui des sentiments jusqu'alors inconnus… Drôle, subtil et émouvant, un feel good movie cinéphile porté par la grâce de ses acteurs...

Un petit miracle qui rappelle que le cinéma est aussi un art et que sa beauté réside aussi bien devant la caméra que derrière.

Eté 2006. A 86 ans, Eric Rohmer tourne son dernier film : Les Amours d'Astrée et de Céladon. Jocelyn Quivrin fait partie de la distribution. Plutôt fan de Fast and furious que du Genou de Claire, le jeune acteur aborde le tournage en ricanant. Mais il comprendra plus tard que cette expérience l'a transformé. De cette révélation, il décide de faire un film, mais en novembre 2009 il meurt au volant de son bolide de course. Léa Fazer, qui l'avait fait tourner, s'approprie son histoire en la romançant. Et donc, chien fou courant le ­cachet, Henri (Pio Marmaï, irrésistible comme l'était Jocelyn Quivrin) se retrouve par hasard engagé par un maître du cinéma d'auteur pour l'adaptation d'un roman pastoral du XVIIe siècle...

La réalisatrice franco-suisse croque avec brio un certain milieu ciné­matographique cloisonné : d'un côté, des auteurs qui méprisent tout ce qui est divertissant ; de l'autre, de possibles stars qui, devant des dialogues ultra littéraires, pouffent de rire... Mais ce qu'elle réussit le mieux, c'est la peinture tendre et légèrement acide d'un tournage fauché aux silhouettes croquignolettes. Une lumière de fin d'été nimbe les paysages, tandis que la petite troupe, en état de grâce, partage un certain art de vivre. Tel un bon vampire, le vieux maestro amoureux des mots (Michael Lonsdale, aussi massif qu'Eric Rohmer était sec) se nourrit de la vitalité de cette jeunesse à laquelle, à son tour, il transmet sereinement sa passion de la poésie. — Mathilde Blottière - Télérama

Originaire de Suisse, Léa Fazer étudie les lettres à l'Université de Genève puis rejoint le Théâtre national de Strasbourg qu'elle quitte en 1989. C'est ensuite vers Paris qu'elle se dirige pour intégrer l'université Paris VII d'où elle ressort en 1991 avec une licence de cinéma en poche. La jeune femme débute en tant qu'artiste interprète au théâtre dans plusieurs pièces classiques, de Marivaux à Molière. A l'aise sur les planches, la Suissesse se lance dans la mise en scène en 1993 puis, petit à petit, la touche-à-tout se tourne vers la télévision. Puis viennent les années 2000 et l'heure pour l'aspirante réalisatrice à sauter dans le bain du septième art. Elle réalise la comédie patriotique Bienvenue en Suisse (2003), avec Denis Podalydès et Emmanuelle Devos. Ce premier film réjouit la profession, si bien qu'il est présenté en sélection "Un Certain Regard" au Festival de Cannes 2004. Désormais, Léa Fazer se consacre exclusivement au cinéma, pour lequel elle écrit conjointement à la réalisation et viennent Ensemble c'est trop suivi de Cookie. En 2014, comme un hommage à son ami et fidèle collaborateur Jocelyn Quivrin, disparu tragiquement en 2009, elle réalise Maestro, un film dont l'idée de départ lui avait été soufflée bien avant par l'acteur en personne et qui envisageait de le réaliser ainsi que d'en être l'interprète principal. La vie en a décidé autrement et Léa Fazer prend finalement les commandes de cette histoire où un jeune acteur dopé aux blockbusters (Pio Marmaï) se retrouve à jouer sur un film d'art et essai réalisé par Cédric Rovère, un Eric Rohmer en puissance incarné par Michael Lonsdale.

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Ce film est interdit aux moins de 16 ans.